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UNE VUE DE L'ANCIEN CIMETIERE DE CLAMART

Le mausolée de Pichegru, qui figure au premier plan de lu gravure, se trouve relégué aujourd'hui dans la cour du musée Carnavalet, galerie méridionale, n** a.

Le cimetière de Sainte-Catherine, où fut inhumé le vainqueur de la Hollande, n'était séparé primitivement du cimetière de Clamart que par un simple mur qui fut abattu au commencement du dernier siècle, et les deux cimetières n'en firent dès lors plus qu'un.

En >844, les tombes étaient encore au nombre de 3o4, parmi lesquelles se trouvaient celle de Bichat, transférée au cimetière de l'Est en iSSa, et celle de Pichegru, portant la date du 5 avril 1804. Le corps de ce dernier, exhumé par les soins de sa famille, fut transporté, en i86a, au cimetière d'Arbois, son pays natal, c: C'est également dans le milieu du cimetière de Sainte-Catherine que fut inhumé, sans indice tumulaire, le corps de Mirabeau, après avoir été retiré du Panthéon. De même, ce fut, dit-on, dans l'angle contigu au bâtiment de l'école primaire municipale qu'ont été enterrés les auteurs de l'attentat du 3 nivôse an IX (Machine infernale) ». V Assistance publique à Paris ^ en 1889.

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Arrivé au lieu de rexécution , Boutreux s'adossa contre le mur de l'enceinte, et se laissa tranquillement bander les yeux. Les soldats chargèrent leurs armes ; Tadjudant, se détournant, leva sonépée..., une décharge retentit, et Boutreux tomba foudroyé. Son corps, transporté à Glamart, fut jeté dans une fosse, et l'herbe poussa sur sa tombe \

Cajamano, que nous semblons avoir oublié, resté seul dans son logement, avait eu quelque peine à savoir que les conjurés avaient été arrêtés ; oc il ne concevait, au reste, pour lui-même, aucune inquiétude. Mais, dans l'après-midi , rue de la Gorderie , chez Tachera, restaurateur, un cocher « en racontait une bien drôle », Thistoire d'un client qu'il

* L'exécution de Boutreux — on peut dire par ordre de rKmpereur — nous dispense de discuter la sortie de colère, que M. Thiers attribue à l'Empereur à Dorogobouge, contre les membres du conseil de guerre et ses ministres, « ces imbéciles qui, après s'être laissé prendre, cherchent à se racheter auprès de moi, en faisant fusiller les gens par douzaine. Lot. cit.

avait conduit, la veille, et qui, entré dans son fiacre vêtu en caporal de la garde, en était sorti tout nu pour entrer dans une maison du cul-de-sac Saint-Pierre\ Comme le cocher terminait, aux éclats de rires de la galerie, le récit de l'anecdote, un homme lui frappa sur l'épaule, le prit à part, lui parla à l'oreille et l'emmena à la préfecture de police, où son récit fut écouté avec beaucoup plus d'intérêt encore qu'à la guinguette de Tachera ; et c'est ainsi que, le 25, à l'aube, l'impasse Saint- Pierre se trouva envahie par une foule de gendarmes, de policiers, de conseillers d'État, de fonctionnaires en grand costume ; on faisait du zèle, ce jour-là. Dans le fond de l'impasse, deux inspecteurs tenaient Gajamano en sur-

* « Tachera (Nicolas) déclare que dans la journée du 23 octobre est entré chez lui le sieur George, cocher de fiacre, à l'effet de prendre sa subsistance : il annonça à haute voix dans la salle qu'il venait de mener rue Saint-Gilles, cul-de-sac Saint- Pierre, un soi-disant aide de camp qui, dans la course, pour se rendre à sa destination, s'est dépouillé de ses habits uniformes et les a mis dans un mouchoir pour pouvoir descendre de la voiture sans être connu, où il s'est introduit précipitamment dans la grande porte qui a été ouverte aussitôt le fiacre arrivé, b Archives de la préfecture de police (Note de G. LenoiFBf loc. cit., p. 128).

veillance^ tandis qu'on fouillait la maison et qu'on vidait le puits*. On y trouva le sabre et le shako abandonnés par Rateau^ Gajamano prit un air ahuri ; on le confronta avec le cocher Georges ; il balbutia quelques mots d'espagnol. Mis en présence de Râteau, qui avoua tout, l'abbé resta stupide et ne répondit pas^ )). On renvoya à l'Abbaye. Quelques jours après, il comparaissait avec Boutreux devant la commission militaire, et il eut la chance d'être acquitté *. « Mis sous la surveillance de haute police* », le moine espagnol dut sa liberté à l'intervention de l'abbé Bombardier, trésorier de Notre-Dame et ancien greffier de l'officialité métropolitaine. Il reprit dans le bas clergé de Saint-Gervais son petit

^ « Ce puits a disparu ; une petite poulie rouillée, des crampons fichés dans la muraille, c'est tout ce qu'il en reste aujourd'hui ». G. Gain, loc. cit. y p. a44*

^ Gajamano avait brûlé dans sa cheminée Funiforme du caporal.

3 G. Lenotre, loc. cit., p. 178.

* Procès-verbal du jugement du 29 janvier 1813, cité plus haut.

' Supplique de l'abbé Sombardier au ministre de la Police, du 6 février i8i3. Arch. nat. F''65oi.

iHo LA CONSPIRATION DE MALET

emploi de suppléant \ et pendant de longues années, les habitants du quartier se montrèrent un pauvre hère maigre et courbé, l'air triste, les joues creuses et la tignasse dans le cou, qui se rendait à Téglise. Cet homme sombre et taciturne, c'était Cajamano. Il mourut oublié^

* Il l'exerçait encore en i83o. Desmarest, loc. cit., p. a45.

^ Nous serions incomplet si nous passions sous silence l'arrestation d'une personne bien étrangère à la conspiration, ^me Malet, qui n'avait rien connu des projets de son mari. Arrêtée rue de l'Université le jour même du complot, elle fut écrouée aux Madelonnettes, l'ancien asile des filles repenties, converti en prison depuis 1795. Elle y resta un an, repliée sur son deuil, sollicitant à maintes reprises sa liberté de l'Empereur, de l'Impératrice et de Rovigo, ainsi qu'en témoignent les nombreuses lettres conservées aux Archives. Mise en liberté le 24 septembre i8i3, elle se retira à Douai. A la suite d'une réclamation datée du 17 décembre 1814, elle obtint « la différence de la solde d'activité de son mari, à celle qui lui revenait pendant sa détention, et qu'il a reçue du i®"^ juillet 1807 au 3o mai 1808, temps durant lequel il resta détenu comme prisonnier d'État ». Bientôt elle fut comblée des faveurs royales, reçut une pension de 3. 000 francs comme victime de Vusurpateur, et eut ses entrées aux Tuileries.

Son fils, au moment de la conspiration, s'était réfugié à Bougis, près de Saint-Amand, chez une dame de Masbergk. Au retour des Bourbons, par décret royal il était promu au grade de lieutenant de cavalerie. On perd ensuite sa trace^ pendant de longues années. Une lettre de Aristide de Malet, adressée au Ministre de l'Intérieur pour réclamer des papiers de famille, constate qu'au 3 octobre i835, il habitait, comme capitaine en disponibilité, rue Joubert n^ 3 (Arch. nat. F'6499).

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