‹ La conspiration de MaletChapitre 34 sur 41 · ÉPILOGUE i · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE i

nait le mot d'ordre à l'univers et qui avait laissé la France muette et prosternée, eut la funèbre vision que sa brillante étoile commençait à s'éclipser.

L'Empereur, accompagné de Caulaincourt, partit en traîneau pour la France, le 5 décembre, à dix heures du soir, par un froid de 3o degrés au-dessous de zéro. Quand il se présenta le 19 au soir, aux Tuileries, dans une mauvaise calèche', vêtu d'un vieux chapeau et d'une redingote fripée, la garde hésita, paraîtil, à le laisser passer\ On le croyait toujours à Wilna.

major de Napoléon. Il fit la campagne de 1812, dont il a écrit l'histoire.

En apprenant la conspiration « dans sa retraite de Moscou, et y voyant figurer Lahorie, ancien adjudant du général Moreau, ses premiers mots au prince Berthier furent : Moreau croise devant le Havre. Aperçu profond où il ne se trompait que d'une année. Je tiens cela du général HuUot lui-même, beau-frère de Moreau. Il était alors attaché au quartier impérial. » Desmarest, loc. cit., p. 256.

^ « Il avait, en effet, parcouru toute TAUemagne aussi rapidement qu'un courrier ; sa voiture s'était brisée à Meaux ; il s'était jeté, avec le duc de Yicence, dans le cabriolet de la poste. » M""® de Chastenet, Mémoires, II, 221.

^ « La garde avait eu quelque peine à reconnaître son

i84 LA CONSPIRATION DE MALET

Dès le lendemain, à dix heures du matin, les salons de TEmpereur étaient remplis ; il reçut d'abord rarchichancelier et ensuite tous les ministres, l'un après l'autre. Il resta deux heures avec Rovigo, qui lui fit un exposé exact de ce qui s'était passé; comme avec ses autres ministres, l'Empereur « s'étendit avec gravité et amertume sur notre manque d'habitude et d'éducation, en fait de stabilité ; — ce Oui, ditil, tout est organisé chez nous de telle façon qu'un caporal pourrait avec quelques hommes, dans un moment de crise, s'emparer du gouvernement » ; et il termina cet entretien par cette phrase : « Au reste, je suis moi-même à la merci du chef de bataillon qui est de garde à ma porte*. »

Puis le Sénat parut devant lui, au milieu d'un concours d'habits brodés, d'épaulettes à gros grains, de dignitaires et de fonctionnaires

empereur... Un bain, un bon souper, quelques heures de repos, avaient réparé ses forces ; les tailleurs avaient travaillé à lui préparer des vêtements. Il n'avait sauvé que ceux dont il était couvert ». La même, loc, cit.

* Rovigo, loc, cit., p. 53.

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