‹ La conspiration de MaletChapitre 5 sur 41 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

néral, avait donné à entendre que le maître du monde avait autre chose en tête que sa vieille querelle avec le proscrit et qu'il n'y avait plus aucun danger pour lui. Un beau jour, comme le général achevait de déjeuner, la cuisinière arriva tout à coup effarée : ce elle venait de voir des hommes à mine suspecte traverser la cour en se dirigeant vers la maison. Au même instant, on sonna.

Le général se leva et alla ouvrir la porte luimême.

— Le général Lahorie? dit un des hommes.

— C'est moi.

— Je vous arrête.

On lui laissa à peine le temps de dire adieu à M"*® Hugo; il fut entraîné et jeté en prison* ».

Lahorie, détenu neuf mois à la Force, avait trouvé des protecteurs : il venait, grâce à de puissantes relations, d'obtenir la faveur

* Victor Hugo, raconté par un témoin de sa vie. Lacroix, Paris, i863, p. 7».

Il LA CONSPIRATION DE MALET

d'être déporté aux Etats-Unis, et il attendait son embarquement \

Guidai, Maximilien- Joseph, né à Grasse, avait, lui, un dossier un peu plus chargé. Officier indiscipliné, réformé pour ses extravagances, alors qu'il commandait à l'Ecole militaire à Paris, il s'était retiré à Grasse où il épousait une demoiselle Marie Bernard, une folle personne, dotée de tous les mauvais instincts, qui, dès le début du mariage, ne tardait pas à allumer d'autres feux que ceux du foyer conjugal. Ses relations avec le receveur du district furent un scandale dans la localité ^ Le

^ a Depuis le procès du général Moreau, il était caché en France. L'Empereur avait souvent réitéré Tordre de le faire partir. M. Fouché l'avait laissé à Paris. Lahorie était Breton, et il avait facilement trouvé des protecteui*s dont il avait besoin. L'Empereur ordonna de le faire partir pour TAmérique et de l'arrêter d'abord, ce qui fut fait. J'avais également rois de la diligence à préparer son départ sur un vaisseau qui devait mettre à la voile de Nantes pour les États- Unis.

« J'avais, depuis plus de quinze jours, signé tous les ordres nécessaires pour le faire conduire dans cette ville, et il se trouvait, comme Guidai, à la Force, par suite de la même négligence. » Rovigo, loc, cit., p. 20.

2 Léonce Grasilier, annotation de Quinze Ans de haute police, etc. cité plus loin.

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