‹ La conspiration de MaletChapitre 7 sur 41 · PROLOGUE i · texte numérisé non relu

PROLOGUE i

cédé d'un tambour et d'un drapeau. Là, il criait parmi la foule et les soldats : « Bonaparte est mort! A bas les Corses!. ..à bas la police ! Vive la liberté ! » Il masquait avec des pelotons militaires toutes les issues de l'église, y enfermait les principales autorités réunies pour la cérémonie... Les prisons s'ouvraient; les généraux Malescot et Dupont, alors à l'Abbaye, devaient être d'abord délivrés. De suite, un gouvernement provisoirement nommé, des courriers, des commissaires expédiés, etc., etc. Et enfin, quand la fable qui échafaudait tout cela serait démentie , on se trouvait lancé, et le mouvement avait déjà assez de force pour se soutenir par lui-même. (( La police avertie, n'eut besoin que d'un peu de précaution pour prévenir cette incartade* », nous dirions plutôt cette escapade

^ Quinze ans de haute police sous le Consulat et VEmpire, par Desmarest, chef de celte division au ministère de la Police générale. Garnier, Paris, 1900, p. 24''*- — Pierre- Marie Desmarest, né en 1764 à Compiègne, curé de Longueil- Sainte- Marie, puis maire et curé à la fois de cette ville en 1791, jacobin zélé, quitte l'état ecclésiastique, devient directeur des vivres et fourrages Tannée suivante, sUUustre à Ner-

lO LA CONSPIRATION DE MALET

fantasmagorique, à laquelle ne manquaient que la lumière électrique, les feux de Bengale et le trémolo de l'orchestre. Toujours est-il que ce projet carnavalesque fit beaucoup rire les policiers, qui ne doutèrent pas un seul instant que, même sorti de prison et parvenu jusqu'au parvis de Notre-Dame, le fantastique conspirateur n'eût pu se faire écouter et applaudir que par des pensionnaires de Bedlam ou de Charenton. Néanmoins, ils avaient tort de rire, car cette chiquenaude à la police allait être le prélude d'une vigoureuse bastonnade.

Quoi qu'il en soit, ce coup de force, qui a avorté, ne décourage pas Malet, qui, trans^ féré de la Force à Sainte-Pélagie* et ne pou-

winden, entre ensuite dans la police sous les ordres de. Fouché, puis de Rovigo, devient chevalier de TEmpire et se fait remarquer, pendant ses quinze ans de service, par sa correction, son tact et son habileté. Retiré à Compiègne sous la Restauration, il meurt du choléra en iSSa, laissant les souvûnirs des quinze années où il avait été à même de tout voir, de tout entendre et de tout savoir.

^ Rue du Puits-<le-r Ermite, 14, quartier du Jardin des Plantes. C^était autrefois une communauté religieuse fondée en i665 par M*»® Beauharnais de Miramion. On y renfiermait

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