‹ La conspiration de MaletChapitre 8 sur 41 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

vant plus conspirer pour un temps, cherche à se donner des allures pacifiques et se met à écrire.

Il adresse à Son Excellence le ministre de la Police générale*, une lettre ou il se plaint que sa santé est pitoyable, que oc Tair de sa prison est insalubre » ; et il témoigne le désir « d'être transféré dans la maison de M. Dubuisson*».

Un mois se passe sans réponse; Malet reprend la plume et il écrit une seconde lettre où, recommençant la série de ses lamentations, il entretient encore le ministre de ses petites infirmités et de cette maudite prison où le soleil ne luit jamais.

les filles débauchées. Cette maison religieuse fut supprimée en 1790. Quelque temps après les bâtiments furent transformés en une prison. C'est là que fut enfermée, pendant la Kévolution, M°^^ de Beauharnais, depuis impératrice des Français. Sous la Restauration et le gouvernement de Louis- Philippe, cette prison eut aussi des hôtes célèbres : Béranger, Jay, Jouy, Armand Carrel, Marrast, Godelroy Cavaignac, Lamenais, etc.

* Alors Fouché.

^ Lettre, datée de Sainte-Pélagie, du 18 août 1809. Archives nationales, F"^6499.

l8 LA CONSPIRATION PE MALET

L^ comédie eut un certain succès, et c'est ainsi que, par une gracieuseté du duc d'Otrante, le général Malet obtint d'être transféré dans la maison de santé du D"* Dubuisson qui n'était pas tout à fait, nous allons le voir, un cachot ou une oubliette du moyen âge. Située tout en haut du faubourg Saint- Antoine, n°2o3, à quelques pas de la barrière du Trône*, elle comprenait un grand corps de bâtiments d'as-

^ « La dernière à gauche du faubourg Saint- Antoine, près de la barrière du Trône. > Rovigo, loc. cit., p. i8. «Au n® 333, au coin de la Petite rue Saint-Denis se voit une maison de santé qui, aujourd'hui, renferme des aliénés : c'est de là qu'est sorti Malet ! » Théophile Lavallée, Histoire de Paris, Michel Lévy, Paris iSS;, a^ série, p. 96.

« La maison de santé du D' Dubuisson était située non pas rue de Charonne, comme le dit par erreur Hamel, mais rue du faubourg Saint- Antoine, au coin de la rue des Boulets, dénommée en cet endroit en 1812 : rue Saint-Denis-Saint- Antoine » H. Yial et G. Capon. Le journal d*un bourgeois de Popincourt, Gougy, Paris, 1903, p. 97.

La barrière du Trône est ainsi appelée en souvenir du serment de fidélité qu'y prêtèrent les Parisiens à Louis XIV . et à Marie-Thérèse, assis tous deux sur un trône magnifique, le ^6 août 1660. Les deux bâtiments carrés, bâtis sur les dessins de Le Doux, et surmontés des deux colonnes en haut desquelles on a juché Philippe-Auguste et saint Louis, datent de 1788. C'est par cette barrière que les ambassadeurs étrangers faisaient leur entrée dans la capitale : ils partaient du couvent de Picpus où Ton avait réservé des appartements exprès.

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