LA « CONSTITUTION !> ATHENES
Maia il est plus vraiseiablable que ce magistrat était élu dans les tribus. On s'expliquerait mieux ainsi les rÏTalités et les luttes qui troublèrent Athènes après Solon.
4") Chacune des quatre tribus devait, à son tour, fournir cet archonte% C'est, en effet, tous les quatre ans que les partis sont divisés. Peut^tre alors fixait-on par le sort l'ordre de roulement, suivant lequel les tribus étaient appelées à présenter des candidats à l'archontat.
5°) A deus reprises, les deux partis ne purent s'entendre, et la cité n'eut pas d'archonte. Quand Damasias fut dépossédé du pouvoir, l'on choisit, par mesure exceptionnelle, les dix archontes. Durant la tyrannie de Pisistrate et de ses fils, il est vraisemblable que cett« exception devint la règle : les tyrans avaient, en efTet, intérêt à faire choisir par leurs partisans des magistrats favorables à leur gouvernement. Après la chute des tyrans, les institutions de Solon furent remises en vigueur, les archontes furent tirés au sort parmi les candidats élus dans les tribus; et i'archonte proprement dit fut lui-même soumis à la loi commune.
6") Il n'y a, entre les chapitres VIII, XIII et XXII, aucune contradiction. Ce qui en obscurcit le sens, c'est l'emploi des mots ambigus aïpEai;, alpcTirSai, atpEtOL. Ils désignent tantôt un simple chois, tantôt la combinaison de l'élection et du sort, instituée par Solon, et dans laquelle prédomine le choix. C'est même cette prépondérance du choix sur le sort, qui justifie l'emploi du mot aïpsai;. Le mot alfslabai a, d'ailleurs, une acception assez mal définie, puisqu'au chapitre XXII, 2, il est appliqué aux stratèges, qui étaient élus à main levée (i).
Si notre interprétation est fondée en raison, la Politique, loin de contredire la Constitution d'Athènes, en confirme le témoignage. Aristote loue Solon d'avoir constitué la démocratie par un juste équilibre des éléments oligarchique, aristocratique
(I) Voir, en effet, Conat. d'Ath., LXI, i.
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et démocratique, représentés, le premier par le Sénat de l'Aréopag'e; le sccoud, par les magistriitures recrutées au choix (tô -riî àp/iî ilpETiî ipioToxfiTixdv) ; le troisième par l'organisation des tribunaux populaires. 11 parait certain, dit-il, que Solon conserva tels qu'il les trouva établis, le Sénat de l'Aréopago et le choix des ma^strats (édlxe Se Hdî.uiv IxEfva [liv ûnx^/nvra
mais il créa la démocratie, en ouvrant les tribunaux à tous les citoyens (i). Comment doivent être interprétés les mots ixEÏvs )jlèv ÙTcdpy'Qvrx TTpdtEpov où xftToikùaai ? Il est vraisemblable, suivant l'hypothèse proposée par M. Th. Reinach lui-même, qu'avant Solon c'était une prérogative de l'Aréopage que de décider entre les candidats des tribus. L'innovation du législateur consista à lui substituer le corps électoral. Mais afin do donner satisfaction au parti aristocratique, et de corriger ce qu'il y avait de trop démocratique dans l'élection directe, il la combina avec le tirage. L'élection au premier degré est démocratique ; le tirage, au second degré, est, selon la i-emarquc de Fnstcl de Coulanges, aristocratique. Un peu plus loin, Aristote ajoutait : Solon n'avait accordé au peuple que la part indispensable de puissance, c'est-à-dire le choix des magistrats iT-s Tàî «f/.àc lipïîtiectt) et le droit de leur faire rendre des comptes, car, sans ces deux prérogatives, le peuple est ou esclave ou hostile. Mais toutes les magistratures, il les avait données aux citoyens distingués et riches (2). Le mot alstiiOai n'a-t-il pas ici le sens que nous lui avons attribué ? Le peuple choisit les candiduts parmi les citoyens qui satisfont aux conditions censitab'es. 11 peut, par conséquent, présenter au tii-age, qui n'est plus qu'une opération secondaire, les pentacoaiomédimnes, qui lui offrent le plus de garanties, et qui sont le plus favorables à ses ambitions.
(I) Politique, M. g. a, lajS. h, 35.
(a) foUtique. H. a, 4. >a;4. ". i5.