‹ La "Constitution d'Athènes" et l'œuvre d'AristoteChapitre 27 sur 47 · ET L ŒUVRE D ARISTOTE · texte numérisé non relu

ET L ŒUVRE D ARISTOTE

peat exister même entra gens qni ne se connaissent pas. Elle rè^e dans un État, quand l'on s'y entend sur les întét-éts généraux, qne l'on y prend les mêmes décisions, et que l'on y exécote de concert les résolutions commanes. Elle s'applique donc toujours à des actes importants et égalemer.t utiles aux deux partis en présence, ou même à tous les citoyens. Quand, au contraire, chacane des deux factions veut accaparer le pouvoir, l'État est en proie à la discorde. Il ne BuiRt pas, pour que la concorde règne, qu'elles aient l'une et Vautre la munie manière de voir, il faut encore que cette unanimité ait le mùme objet, par exemple, quand le peuple et les modérés <ol inieixcit) s'entendent pour donner le pouvoir aux meilleurs citoyens (oi âi^or^i); de cette façon, en effet, chacun a ce qu'il désire. Ainsi entendue, la concorde est comme une amitié civile (itoXiruTi 3f, fiXîa}, car elle s'applique aux intérêts communs et aux exigences de la vie sociale. C'est chez les modérés que se rencontre cette concorde (éariv S' T] TotaÛTTi ôftovaia ii toÎî iittetxwiv) ; car ils sont toujours d'accord avec eux-mêmes et entre eux [éhvtoÎï bfL'jiooÛoiy xiï ï/.)~-f,- Xoiî'. Leurs volontés n'ont pas de flux et de reflux, mais demeurent inébranlables; ils ne veulent que des choses justes et utiles, et seulement dans l'intérêt commun. Entre méchants, au contraire, la concorde ne subsiste que de courts instants ; ils ne peuvent être longtemps unis ; tous désirent une part pins grande de profit, une part moindre de travail et de dépense ; chacun, ne convoitant que des avantages, observe et entrave son voisin; l'intérêt général, dont personne ne se soucie, est sacrifié. Alors, ils sont en proie à la discorde, en voulant se forcer les uns les autres à observer la justice, sans que personne veuille s'astreindre à la pratiquer pour soi-même (i). En résumé, de même que la théorie politique de la lié^ itoliTii'a, les théories moi-ales de la vertu, de Téquiti', de la

<i) Étiwiut à NUomaqae. IX. 6, i-4, 1167, a, aa.

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concorde, sont en parfait accord avec les principes, auxquels se rattachent les jugements, portés par l'auteur de r*A6Yivai<ov TToXiTEia sur les Constitutions, qui ont successivement régi Athènes, et sur les institutions du régime démocratique. De part et d'autre, mêmes idées, et, ce qui n'est pas moins frappant, mêmes mots pour les exprimer. Aucune divergence entre les deux ouvrages, ni ctans le fond, ni dans la forme. Aussi la même conclusion à laquelle nous étions précédemment arrivé s'impose-t-elle à nous, avec une évidence encore plus grande. C'est le théoricien de la Politique qui est l'auteur de la Constitution d'Athènes, et l'authenticité de l'ouvrage, déchiffré par Kenyon, sur le papyrus de Londres, ne saurait plus être contestée.

Nous n'avons pourtant pas encore atteint au terme de notre étude. Notre conclusion paraîtra plus solidement établie, si nous comparons le style de l'opuscule historique au style du traité philosophique; si nous prouvons que, dans l'un et l'autre ouvrage, le vocabulaire, la syntaxe et le nombre présentent les mêmes caractères essentiels. Sans doute, ce rapprochement ne saurait avoir la même rigueur qu'une comparaison entre les faits et les idées. Elle n'en ajoutera pas moins une forte présomption aux preuves déjà produites, et nous permettra de contrôler les démonstrations, que nous avons tentées, et de confirmer les conclusions, que nous en avons tirées.

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