CHAPITRE SIXIEME
Les jugements portés par les anciens sur le style d'Aristote
Les observations, que nous avons précédemment faites, sur le style d'Aristote, sont sans doute i'ort sommaires. Elles ont, du moins, suHi à démontrer que la Constitution d'Athènes ne diffère pas plus par la forme des ouvrages systématiques qu'elle ne s'en distinguait par les idées. Elles nous permettront aussi de comprendre les jugements portés par les critiques anciens sur le style du philosophe.
C'est surtout par la clarté de ce style que Denys d'Halicarnasse semble avoir été frappé. Voici le texte même de son jugement : n«fia^ï,itTéoï 8s xal 'ApirrroTÉXT, eiî [j.![j.ï|tnv tt|î ts xepl TT|V Ép[j.T|VEÎav 8E[vdTT|T0t xb'i TTjt oaif/|VÊiaî Kol Toû iiSsoï xai TtoXujiiOouî. ToÙTo Y^f ^TTi [j-aXiCTTa TTOipà ToC àïBpoî ÀaSsîv (TiÛv àpyatwv xpi'ffiç, p. li^o). Or, que faut-il entendre par les mots tth itefi tti-* Ëf[j.TivEic!v Seivotïitoî? 'KpjiTjvefct désigne proprement l'expression de la pensée par la parole (i). Denys admire donc l'hahileté avec laquelle Aristotè expose les faits les plus complexes et exprime les idées les plus variées |7coXu[iâOouî]. Nous avons nousméme loué cette qualité de l'écrivain, et nous ne pouvons que souscrire au jugement du critique grec. Le mot acupT^vEi*
(i) Cf. Xénophon, Mémorables, IV, 3. a : tï, yXuiTTï| /pîJTiii (b JEvflpioTtOî) îcpàî TT|V Ép|ji-riveiav. C'est même ainsi que, par dôrivation, te mot a pu prpodre, en philosophie, le sens; d'explication, el, en rhétorique, celui d'élocutioD ; Platon. Théélète, 309, a : Xoydç ï|V y^ ttjî <rf|î SiaiiopiniToç Éfjji-TjVEi'oi, Aristote, Poétiqae,^, i45o> 1>, i3 î Xeyuj Be... XeÇiv Eivai T-f,v Bw tî^ç ôvOfi.(jLa-iiïç ÈffL-^VEiav, 3 xa'i Èjt'i twv è(j.[tÉTp(ov xal 4tc1 tûv idyiov ë;(ei tT|V <^!/^^^^^ Siiva|j.iv.