CLISTHÈNES. PROGRÈS ET DÉCADENCE DE LA DÉMOCRATIE
Après la chute des Pisistratides, Athènes fut en proie à la rivalité d'Isagoras, fils de Teisandros, ami des tyrans, et de Clisthènes, qui appartenait à la famille des Alcméonides. Isagoras eut d'abord le dessus, grâce à l'appui des hétairies (1); puis, vaincu par Clisthènes, qui s'était concilié le peuple, ïl appela à son aide Cléomènes, qui força Clisthènes à s'enfuir, exila sept cents familles athéniennes et tenta de s'emparer du pouvoir avec trois cents de ses amis. Assiégé par le peuple, dans l’Acropole, il dut capituler. Clisthènes fut alors rappelé et organisa la démocratie (c. XX).
Il répartit les Athéniens en dix tribus, afin de donner à un plus grand nombre le titre de citoyens, et de rendre plus accessibles lés magistratures. Le chiffre des Conseillers fut porté de quatre cents à cinq cents, cinquante par tribu. Pour mêler les familles, Clisthènes distribua le sol, divisé en dêmes, en trente subdivisions, ou trittyes, qui furent réparties par le sort entre les dix tribus. Les citoyens du dême, les démotes, avaient à leur tête un démarque, qui remplissait les mêmes fonctions, qui étaient autrefois attribuées au naucrare. Les familles, les phratries, les sacerdoces subsistèrent, mais n’eurent plus qu'un caractère religieux. Clisthènes laissa le comman-
dement de l'armée au polémarque, mais il lui adjoignit dix
(@) Nous avons cité précédemment le chapitre de la Politique (VII, 9, 2, 1313, a, 41), dans lequel Aristote conseille au tyran d'interdire toute association politique. L'importance des hétairies est encore signalée VIH, HOMO) D OL
; stratèges, us à ae | levée, : à raison d'un par He Enfin,
il institua Vostracisme (. XXL XXII, Fo CREER EEE
Dans Ja Politique, Aristote. parle, à deux reprises, de Clis- \ Re
thènes. Définissant le citoyen, il dit que l'on pourrait contester
le droit de ceux qui ont été admis dans la cité par une révo-
lution, comme ceux qu ‘inscrivit Clisthènes, après l'expulsion
des tyrans, en introduisant dans les tribus beaucoup, d'étrangers et d'esclaves domiciliés. Mais le citoyen est un homme investi d'un certain pouvoir; quiconque jouit de ces prérogatives est effectivement citoyen; ceux qui les reçurent de Clisthènes étaient donc bien réellement citoyens (1). Ailleurs, il conseille, pour fonder. la démocratie, d'imiter Clisthènes, c’est-à-dire de créer de nouvelles tribus et de nouvelles phratries, et de rendre aussi fréquentes que possible les relations entre citoyens (2). Lorsqu'il définit la souveraineté, Aristote discute longuement la légitimité de l'ostracisme. Si, dans l’État, un ou plusieurs hommes l’emportent de beaucoup sur tous les autres citoyens, soit par leur mérite, soit par leur influence, ils ne peuvent plus trouver place dans la cité. Ce serait, en effet, leur faire injure que de les réduire à l'égalité commune, Aussi les États démocratiques, plus jaloux que tous les autres de cette égalité, ont-ils institué l’ostracisme. Dès qu’un homme semblait s'élever au-dessus de tous ses concitoyens par sa richesse, par le nombre de ses partisans, ou par tout autre avantage politique, l’ostracisme venait le frapper d'un exil plus où moins long. Cet expédient n’est pas seulement utile aux tyrans ; il est employé avec un égal succès dans les oligarchies et les démocraties. Le principe de l'ostracisme, appliqué aux supériorités bien reconnues, n’est pas dénué de toute équité. Mais il est préfé-
rable que la cité trouve dans ses institutions le moyen d'éviter
(1) Politique, IN, 1, 10, 1275, b, 34.
(2) Politique, VII, 2, 11, 1319, b, 19.
108 SRE ANG CONSTITUTION | D'ATTÈNES ph ERA S
PAÉVNRLCE TES ce remède (1). ‘Ailleurs encore, Aristote fait la même réserve. Bien que la supériorité soit le plus souvent une cause de
discordes, et entraîne un État soit à la monarchie, soit à
è à 4 Pa y Se.
l'oligarchie, mieux vaut, dit-il, la prévenir dès sa naissance,
que l’écarter par l’ostracisme, après qu’ on a commis l'impru-
dence de la laisser se former (2).
Après les réformes de Clisthènes, la victoire de Marathon
enhardit encore le peuple, qui, deux ans après, appliqua pour la première fois 4’ostracisme. On s’en servit d’abord pour écarter les amis des Pisistratides; mais ensuite l’on frappa des hommes de tous les partis, dès que leur supériorité portait ombrage à la démocratie. En 487, pour la première fois depuis la tyrannie, les neuf archontes furent birés au sort, un par tribu, parmi les pentacosiomédimnes, que le peuple avait préalablement choisis (3). Peu de temps après, en 483, furent découvertes les mines d'argent de Maronéia, dont l'exploitation donna d'abondantes richesses à l'État. Sur le conseil de Thémistocle, le produit en fut employé à la construction d’une flotte de cent vaisseaux, qui devait combattre à Salamine et sauver la Grèce (c. XXIT). Dans la Politique, Aristote constate que quatre espèces d'armes sont nécessaires à la guerre : la cavalerie, les hoplites, l'infanterie légère, et la marine. Or la cavalerie et l'infanterie des hoplites sont propres à l’oligarchie. Au contraire, l'infanterie légère et la marine sont des éléments tout démocratiques (4). Le philosophe explique ailleurs combien il est nécessaire pour une cité d'entretenir une marine, et il semble, dans ce développement, faire allusion à Athènes. Par la mer, la cité peut importer ce que le pays ne produit pas, et exporter les denrées dont elle a un superflu. Mais elle ne doit faire le
@) Politique, III, 8, x, 1284, a, 4.
(2) Politique, VIT, 2, 4, 1302, b, 15.
(3) Const. d’Ath., XXII, 5. Nous avons déjà discuté ce texte.
Aussi ne nous y arrêterons-nous pas de nouveau. (4) Politique, VIH, 4, 3, 1321, a, 6.
PS
à cn ŒUVRE D “ARISTOTE
commerce que pour ee et non point pour les autres peuples. |
Dans quelques États, Ja rade ou le port creusé par la nature
Le bien situé par rapport à la ville, qui, ns en être fort
éloignée, en est cependant séparée et le domine par ses remparts et ses fortifications. Grâce à cette situation, la ville pourra, si elles lui sont utiles, profiter de toutes les communications, qui lui sont ouvertes, et, si elles peuvent lui être dangereuses, une simple disposition législative la garantira de tout danger, en désignant spécialement les citoyens, auxquels il est permis ou défendu de négocier avec les étrangers. Les forces navales sont nécessaires à l'État pour secourir, ou, s'il est nécessaire, inquiéter ses voisins ; elles doivent être proportionnées à l’importance de la cité. Si elle a des relations politiques étendues, si elle commande à d’autres États, il faut que sa marine suflise à ses entreprises (1).
Lorsque Xerxès envahit la Grèce, les Athéniens purent sortir de la ville avant l’arrivée des Barbares, grâce au dévoüment et à la générosité de l’Aréopage. Il avait, en effet, trouvé dés fonds, distribué aux citoyens huit drachmes par tête, et embarqué tout le monde sur les vaisseaux. Aussi, après la victoire, reprit-il de l'influence. Il gouverna la ville, et le régime d'Athènes fut, pendant ce temps, digne d’éloges. C'est à cette époque, en effet, que les Athéniens acquirent l'expérience de la guerre, étendirent leur influence sur toute la Grèce, et conquirent l’hégémonie de la mer (c. XXI).
La Politique confirme et complète le témoignage de la Constitution d'Athènes. Énumérant les causes des révolutions dans les cités, Aristote démontre qu'il suflit, pour établir un régime nouveau, de donner une importance exagérée à une magistrature ou à une classe de l'État, Ainsi la considération
dont l'Aréopage fut entouré, à l’époque des guerres médiques,
G) Politique, IV, 5, 5, 1327, a, 27.
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tendit à l'excès les ressorts de la Constitution. Tous ceux qui : | ont acquis à la cité quelque puissance nouvelle deviennent | à pour elle une cause de séditions. Ou bien l'on s'insurge contre 3 eux par jalousie; ou bien, enorgueillis par leurs succès, ils s. cherchent à détruire à leur profit l'égalité G). En revanche,
la population maritime, à qui Athènes était redevable de la
victoire de Salamine et de son hégémonie, rendit encore plus
forte la démocratie (2). Aristote avait déjà fait ailleurs la
même constatation” Le peuple, fier d'avoir remporté la victoire
navale dans les guerres médiques, mit à sa tête des démagogues corrompus, écartant des fonctions publiques les citoyens modérés (3). Lorsqu'il distingue les éléments divers dont sont composées les démocraties, le philosophe remarque encore que c'est la population maritime qui domine à Athènes (4). Il conseille aussi de ne pas admettre dans la cité la tourbe des gens de mer. Seuls les guerriers qui montent la flotte et les commandants de vaisseaux doivent être citoyens (5).
Le peuple avait alors pour chefs Aristide et Thémistocle. L'un était le général, l’autre le conseiller politique des Athéniens. Bien qu'ils fussent rivaux, ils dirigèrent ensemble la reconstruction des murs. Ce fut Aristide qui détacha les Ioniens de lalliance des Lacédémoniens, discrédités par la conduite de Pausanias (6). Il persuada aussi aux Athéniens de
quitter la campagne pour venir habiter la ville, prendre part
aux aflaires publiques et se saisir de l’hégémonie. Dès lors,
Athènes fit sentir à tous ses alliés une domination plus tyran-
nique, sauf à Chios, Lesbos et Samos, qu’elle considérait
(0) Politique, VII, 3, 5, 1304, a, 17.
(2) Politique, VII, 3, 5, 1304, a, 21.
(3) Politique, IL, 9, 4, 1274, a, 12.
(4) Politique, VI, 4, x, 1991, b, 17.
(6) Politique, IV, 5, 9, 1327, b, 9.
(6) Pausanias est mentionné dans la Politique, mais seulement à propos des dangers que son ambition fit courir à la Constitution spartiate (IV, 13, 13, 1333, D, 34; VII, 1, 5, 1301, b, 21; VIII, 6,2, 1307, a, 4).
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a dr de des son eme et “dent elle rpeela ls.
23 la Pa un Sant que Dane peut sue des cités aussi bien que des” hommes, cite comme exemple 14, conduite des Athéniens à l'égard des Samiens, des Chiotes et.
des Lesbiens. € Dès que leur puissance fut établie, ils affaiblirent leurs Sujets au mépris des traités (1). » La contra-
diction entre les deux textes n’est qu’apparente, car ils se rap-
RES es \ re ed : ; :
portent à des époques différentes de l’histoire coloniale d Athènes.
En effet, Samos, Lesbos et Chios avaient été admises dans la Confédération athénienne en 439. Or Samos ne s’en détacha qu'en 44r, et fut, l’année suivante, vaincue par Périclès. Lesbos fit de même défection en 428, et fut châtiée par la prise de Mitylène en 427. Enfin, Chios passa dans l'alliance de Sparte en 412. C'est à ces dernicrs événements que fait allusion la Rhélorique. Aristote, expliquant de quelle manière il faut louer et blâmer, dit que l'éloge ne doit être attribué qu'à des actions belles ou qui semblent telles; le blâme, aux actions contraires. Par exemple, s'il s'agissait de blâämer les Athéniens, l’on rechercherait s'ils ont asservi les Grecs, et s'ils ont réduit en
esclavage des peuples qui avaient combattu à leurs côtés contre
les Barbares, et notamment les Æginètes et les Potidéens, qui
s'étaient tous signalés dans la lutte., On leur reprochera tous les actes de ce genre et toutes les autres fautes qu'ils ont pu commettre (2). | | Aristide voulut que tous les citoyens eussent leur part dans la prospérité générale. Grâce aux tributs des alliés, il assura la subsistance de vingt mille hommes. Toutes les fonctions publiques furent, en effet, rémunérées, non moins que le service de terre et de mer. Or, sans compter le Conseil des Cinq cents et les juges, il y avait environ sept cents magistrats dans
(1) Politique, IL, 8, 4, 1284, a, 38.
(2) Rhétorique, I, 22, 1396, a, (6.
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l'Attique et à peu près Satan Fe Dal colonies. Les orphelins
étaient aussi nourris aux frais de L'État (c. XXIV). La. Pol Fa LR
tique témoigne de cette dernière disposition. Aristote él *
Constitution d'Hippodamos de Milet, dit qu'il assurait, en j 13
mettant à la charge de l'État, l'éducation des enfants, laissés par les guerriers morts dans les. ‘combats. Cette institution, ajoute-t-il, lui appartenait en propre; mais aujourd'hui Athènes et plusieurs autres États possèdent une loi analogue (2).
L'Aréopage conserva pendant dix-sept ans la direction suprême des affaires. Mais son autorité fut minée par Éphialte, chef du parti populaire. D'abord, il accusa un grand nombre d'Aréopagites, puis, sous l’archontat de Conon, il enleva à ce Sénat la plupart des prérogatives, qu'il s'était arrogéés et qui lui assuraient la garde de la Constitution, pour les donner soit aux Cinq Cents, soit au peuple, soit aux tribunaux. Il fut aidé par Thémistocle, qui faisait partie de l'Aréopage, mais était sous le coup d'une accusation de médisme. Éphialte et Thémistocle accusèrent l’Aréopage devant les Cinq Cents et devant le peuple, et firent si bien qu'ils le dépouillèrent de toute son influence. Éphialte devait être assassiné peu de temps après (ce. XXV).
Ce chapitre de la Constitution d'Athènes est formellement contredit par la Politique. L’affaiblissement de l'Aréopage n’y est attribué qu'à Éphialte et à Périclès. En effet, parlant de la réforme de Solon, qui ouvrait les fonctions judiciaires à tous les citoyens, Aristote dit que, cette loi une fois établie, les flatteries dont le peuple fut l’objet, comme un véritable tyran, causèrent l'avènement de la démocratie. Éphialte mutila l'Aréopage, comme le fit aussi Périclès, qui alla jusqu'à donner
un salaire aux juges (2).
(1) Politique, II, 5, 4, 1268, a, 6 (2) Politique, II, 9, 3, 1274, a, 5.
= Constitution d'Athènes place la conjuration d'Éphialte et de
Thémistocle, dy avait dix ans que ce dernier avait été frappé
d'ostracisme; et, depuis trois ou quatre ans, les Athéniens et les Lacédémoniens, qui lui reprochaient, avec quelque appa-
rence de raison, de conspirer avec Pausanias et la Perse,
l'avaient obligé de chercher un refuge auprès d'Artaxerxès.
Accusé de médisme, il se serait, d'après notre historien, joint à Éphialte, pour se soustraire à la juridiction de l'Aréopage. Mais nous savons, par un fragment de Kratéros (2), qui puisait dans les archives officielles d'Athènes, que l'accusation fut portée devant le peuple, sous forme d’eicayysia, par Léobotas, fils d’Alcméon. En outre, Plutarque ne mentionne pas, dans sa Vie de Thémistocle, l’anecdote qui est ici rapportée; et, cependant nous avons remarqué, à propos de Thésée, qu'il avait consulté et citait parfois presque textuellement la Constitution d'Athènes. D'ailleurs, lorsque l'historien fait, dans la suite de son récit, allusion à l’abaissement de l’Aréopage, il n’est plus question de Thémistocle, mais seulement d'Éphialte et d’'Archestratos (3).
Ces arguments nous semblent décisifs, et nous n’hésitons pas à nous ranger à l’avis de M. Th. Reinach, et, par conséquent, à retrancher du chapitre XXV les paragraphes 3 et 4 (4). Aünsi disparaît la contradiction entre la Constitution d'Athènes et la Politique.
La mort d'Éphialte n'arrêta pas les progrès de la démocratie. En effet, les démagogues commencent alors à exercer une influence prépondérante | dans la cité. Les modérés (oi
(x) Voir l’article Aristote ou Critias, précédemment cité, p. 143.
(2) Muzzer. FE. H. G. IL. 619. Cf. Plutarque, Thémislocle, XXII.
(3) Voir Const. d’Ath., XXXV, 2.
(&) M. Th. Reinach fait remarquer que l’interpolation était assez ancienne pour induire en erreur l’auteur de l’Argument de l'Aréopagitique d’Isocrate,
Dufour. — 8.
ôle 4 Thémistocle, dans la campagne menée contre l'Aréo- #7 ; page. 6 est interpolé. En effet, à lé époque où l'auteur de la
en n’ont ee de chef : RS est trop. jeune. is plus, Ja es: ÿ
guerre enlève au peuple ses, meilleurs citoyens et épuise Jes :-
éléments modérés des deux partis. Même explication donnée S (é bi
dans la Politique. Aristote, indiquant les causes des révolu- ; LE. tions dans les États, démontre que les bouleversements poli- Eh tiques sont souvent produits par l'accroissement disproportionné 7
d’un élément de la cité. Par exemple, il arrive souvent que la guerre diminue un parti. À Athènes, les classes élevées sa sh furent affaiblies par les échecs qu'éprouva l'infanterie, parce Me D. que l'on n'employait pour la guerre contre Lacedémone que "dé les citoyens inscrits sur les rôles de l'État (x).
Cinq ans après la mort d’Éphialte (457 avant Jésus- Christ), l'on décida que les zeugites pourraient, de même que les pentacosiomédimnes et les cavaliers, être choisis comme can- : didats à l’archontat. On rétablit ensuite les trente juges des Fe dèmes (453 avant Jésus-Christ); et, comme le nombre des citoyens augmentait toujours, le peuple décréta, sur la proposition de Périclès, que nul ne jouirait des droits politiques s'il n'était né de père et de mère athéniens. Aristote fait allusion à cette mesure dans sa Politique. Quand, dit-il, la population abonde, on élimine peu à peu d’abord les citoyens nés d'un père et d’une mère esclaves, puis ceux qui sont citoyens seulement du côté des femmes; et, enfin, l’on n’admet que ceux dont le père et la mère étaient citoyens (2).
Avec Périclès, qui devint le chef du parti populaire, les
progrès de la démocratie furent encore plus rapides. Il enleva
(1) Politique, VII, 2, 7, 1302, b, 33 : Kat ëv ’Abñvouis dv obvTwv ret7 ot yvwomor ékdtrous Eyévovro di To Èx xaTahdyou croateueoÜar dd Tov Aaxovixdv TOhEpLOY. Cf. l'expression employée par l’auteur de la Constitution d'Athènes : Tic yae GTOATELNS YEYYOLEV NS ÊV Toic TOTE AQU x xaTa Adyou... Wote ava\oxE Ua Toç émietxeis xal Toù pou xaÙ TOv edrdowv (CAVE)
(2) Dans le passage de la Politique (1, 9, 3, 1294, a, 5), que nous avons cité à propos de l’abaissement de l’Aréopage, Périclès est nommé à côté d'Éphialte (riv év ’Agelw mdyw BouAnv ’Egtirnc Exélouse x Ieptxds):
rs He la mer. ot he en ed de Cm.
| il institua de salaire des tribunaux. Cette mesure : . devait lui
être reprochée, sous prétexte que les moindres citoyens étaient
plus assidus au tribunal que les modérés et que les juges vse laissaient plus aisément corrompre (c. XXVI et XX VID.
Dans un passage de la Politique, que nous avons précédemment
analysé, cette réforme est également attribuée à Périclès, et
présentée comme particulièrement favorable à la démocratie @)..
Enfin, l'on peut se demander si Aristote ne songeait pas à
Périclès lorsqu'il parlait, dans la Rhélorique, de la gravité que l'exercice du pouvoir donne à l’homme d'État. Les hommes au pouvoir sont plus ambitieux et plus virils que les riches parce qu'ils conçoivent des desseins que la puissance dont ils disposent leur permet d'accomplir. Ils sont aussi plus sérieux, parce qu'ils sont sans cesse sur leurs gardes, par la nécessité de veiller à tout ce qui assure leur puissance (3).
Jusqu'à Périclès, tous les chefs du peuple avaient appartenu au parti modéré. La même constatation est faite dans un passage de la Politique. que nous avons déjà cité en partie. Aristote, louant la Constitution de Solon, dit que les progrès de la démocratie ont été déterminés par les circonstances, plutôt que par la volonté du législateur. Le peuple, fier des victoires navales remportées dans les guerres médiques, écarta des fonctions publiques les citoyens modérés, pour confier la direction des affaires à des démagogues corrompus. Solon n'avait accordé au peuple que les prérogatives sans lesquelles il est ou esclave ou hostile, le choix des magistrats et le
droit de leur faire rendre des comptes: et telles étaient les
(x) Politique, I, 9, 3, 1274, a, 8.
(2) Politique, I, 9, 3, 1274, a, 5.
(3) Rhétorique, II, 17, 1391, a, 22.
PE coxsrirenox . QUE ue LIRE 2 ae : NT
les one hs et riches : 3.
né Après Périclès, le pouvoir passa à “ee démagogues Ho | tieux et sans scrupules : Cléon, qui dégrada la tribune de de NO
ancienne dignité; Cléophon, qui donna au peuple la diobélie :
Callicrate, qui l'abolit. Au contraire, Le parti opposé avait me. se 2
sa tête des hommes “honnêtes | et fidèles aux traditions de la. Le LS cité : Nicias,, Thucydide et Théramène (c. XXVIID. Dans EE PRE
Rhétlorique, TES enseignant quelles sont les ee EC
indispensables à l’orateur, lui impose l'obligation d'apprendre F5 g* k : =
combien il y a d’espèces de gouvernements, quelles sont celles
qui conviennent aux différents États, quelles sont les causes SE naturelles de leur ruine, si ces causes sont impliquées dans à leur principe même ou se confondent avec tout ce qui leur fait à exposition. Les premières font qu’en dehors de la Constitution < 4 parfaite, tous les gouvernements se perdent, soit parce qu'ils 4 sont trop relâchés, soit parce qu'ils sont trop tendus. C'est ainsi que la démocratie s’affaiblit, et non seulement elle s’altère jusqu’à tourner à l’oligarchie, mais elle se détruit elle- M même, quand les ressorts en sont tendus à l'excès (2). La
diobélie est également mentionnée dans la Politique. Critiquant
les institutions de Phaléas, Aristote explique que l'égalité des fortunes ne peut être maintenue dans un État. L'avidité des K
hommes est insatiable; d’abord ils se contentent de deux
oboles; mais, une fois qu'ils s’en sont fait un patrimoine, leurs
besoins s'accroissent sans cesse,»jusqu'à ce que leurs vœux ne
connaissent plus de bornes; et, quoique la nature de la cupidité
soit précisément de n'avoir point de limites, la plupart d’entre
eux ne vivent que pour l’assouvir (3).
(1) Politique, IX, 9, 3, 1274, a, 11.
(2) Rhétorique, Il, 17, 1391, a, 22.
(3) Politique, II, 4, 11, 1267, a, 4x.
Re A HE AREA