‹ La Constitution d'Athènes et l'Œuvre d'AristoteChapitre 16 sur 44 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LE DROIT DE CITÉ. LE POUVOIR LÉGISLATIF. LE CONSEIr.

La première partie de L ’Abnvaiwv rolreix était historique : l’auteur y racontait et y jugeait les révolutions, qui avaient fait époque dans l'histoire constitutionnelle d'Athènes. La seconde partie a un caractère tout diflérent. Elle est didaclique, c'est-à-dire qu'elle contient le tableau des institutions démocratiques de la cité. L'organisation des trois pouvoirs constitutifs de l’État y est expliquée en ses moindres ressorts; les magistratures y sont énumérées, et leurs attributions définies.

L'histoire n’est pas cependant tout-à-fait exclue de cet exposé. L'auteur y donne tous les renseignements et conte même certaines anecdotes, qui n'avaient pu trouver place dans son histoire de la Constitution athénienne. II mentionne les transformations subies par les magistratures; il note les changements survenus dans la composition des collèges. C’est ainsi qu’il nous apprend comment le peuple enleva au Conseil le droit d'infliger l'amende,

l’emprisonnement et la mort (1). Il nous avertit que le nombre

(1) Const. d’'Ath., XLV, 1.

des inspecteurs des grains a été porté de dix à vingt (1), et celui des magistrats, qui rendaient la justice dans Athènes, de trente à quarante (2). Il remarque que l'inscription des éphèbes ne se fait plus, comme autrefois, sur des tablettes blanches, mais sur une stèle de bronze, dressée, chaque année, devant le palais du Conseil, auprès des statues des dix héros éponymes (3). A propos du greflier de la prytanie, il raconte que, primitivement, ce magistrat était désigné non par le sort, comme c'était la coutume au 1ve siècle, mais par l'élection. C’étaient alors les citoyens les plus illustres et les plus dignes de la confiance populaire qui étaient investis de cette charge, car le nom du greflier devait figurer sur les stèles, où étaient gravés les traités d'alliance et les décrets qui conféraient la proxénie ou le droit de cité (4). Parlant de l'examen (Soxtuacio) des archontes devant le Conseil des Cinq Cents, l’auteur constate encore qu'anciennement un seul conseiller votait sur l'admission ou l'exclusion du magistrat désigné; mais, plus tard, tous les membres durent prendre part au scrutin, afin que si un indigne parvenait à se débarrasser de ses accusateurs, il fût au pouvoir du Conseil de l’exclure (5). Plus loin, nous apprenons que l'archonte choisissait les cinq chorèges pour le concours de la comédie, mais que cette attribution lui fut retirée et que la liturgie fut désormais conférée par les tribus (6). Les dix commissaires, tirés au sort pour organiser avec l’archonte la procession des Grandes Dionysies, étaient autrefois élus par le peuple et devaient supporter tous les frais

de la cérémonie (7). Dans le chapitre où sont mentionnées les

(1) Const. d’Ath.,, LI, 3.

(2) Const. d’Ath., LIIL, tr.

(3) Const. d’Ath., LIIX, 2.

(4) Const. d’Ath., LIV, 3.

() Const. d'Ath., LV, 2.

(6) Const. d’Ath., LVI, 2.

(7) Const. d'Ath., LVI, 2.

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