‹ La Constitution d'Athènes et l'Œuvre d'AristoteChapitre 36 sur 44 · SES · texte numérisé non relu

SES

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été US de démontrer Es le sie d'Aristote est plus éclatant,

De plus, Cicéron, dans ses propres Dialogues, ent non pas de Platon, dont il désespérait, sans doute, d’égaler le

naturel et la vérité; mais d’Aristote, dont il nous apprend lui-

même qu'il a imité les préambules (1). Or, il n’est pas surprenant qu'il ait à dessein rabaissé les mérites de Platon et fait valoir son modèle, afin d'en faire rejaillir l'éclat sur ses propres ouvrages. Ainsi s'explique ce qu'il y a d’hyperbolique dans les jugements que nous venons de citer. Ces réserves faites, il n’y a plus rien, dans les opinions exprimées par les critiques anciens sur le style d’Aristote, qui ne confirme nos propres observations, et ne nous autorise à conclure que la

Constitution d'Athènes a été rédigée par l’auteur de la Politique.

(1) Ad Atticum, IV, 16 : … « Quoniam in singulis libris utor prooemiis, ut Aristoteles, in eis quos &éwreptxoûc vocat ».

CONCLUSION

Parvenu au terme de notre étude, il ne nous reste plus qu'à la résumer, afin d’en tirer les conclusions.

Il y a entre les Ilokureïu, dont la Constitution d'Athènes était la plus importante, et les Iloxyuareiur, d’étroites relations, qu'Aristote lui-même a pris soin de définir dans l'Éthique à Nicomaque. La théorie ne suflit pas à constituer la science politique; elle ne saurait avoir de base solide, que si elle s'appuie sur la pratique. Le philosophe restant éloigné des affaires, c'est par l’étude des Constitutions, promulguées dans les cités grecques ou barbares, qu'il suppléera à l'expérience des hommes et des institutions. Il y avait donc. dans l’école péripatéticienne, un Aecueil de Constitutions. Sans doute, toutes les Ilokuxeiat ne sont pas l’œuvre d’Aristote ou de ses élèves ; il est, du moins, vraisemblable qu'il en a composé les principales, et surtout l’’Abrvaoy rokireix, où devaient être exposées les institutions du gouvernement démocratique le plus parfait, qui ait régi une cité grecque.

Les indications chronologiques que contient la Constitution

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d'Athènes donnent à croire qu'elle a été composée dans les dernières années de la vie d’Aristote, Mais, puisque le philosophe fait, dans l'Éthique à Nicomaque, allusion à ce Recueil des Ilokeïor, il semble que la première rédaction en doive être antérieure à la Politique. L'ouvrage fut révisé par l’auteur, pendant son dernier séjour à Athènes, quand déjà il avait ouvert son école du Lycée. La mort ne lui laissa pas le temps d'achever son œuvre. Ge furent ses disciples qui la publièrent. Les éditions de L’’Aünvaiwv rokreix durent être fort nombreuses; elle fut remaniée et interpolée par des lecteurs ignorants ou prévenus. Conservée dans la bibliothèque d'Alexandrie, avec les œuvres qui, du vivant d’Aristote, étaient sorties de l'école, elle nous a été rendue par l'Égypte, où, durant de longs siècles, elle était restée ignorée. Quand elle a été tirée de l'oubli par l'éditeur Kenyon, les savants ne connaissaient plus que la Politique, qui nous était parvenue par Rome et grâce à l'édition d’Andronikos de Rhodes.

Si l’on compare chapitre par chapitre la Constitution d'Athènes à la Politique, tous les faits racontés et toutes les institutions exposées dans l'opuscule historique, se trouvent expliqués et rattachés à leurs lois dans le traité théorique. C'est-à-dire que les deux ouvrages nous apparaissent comme inséparables. Ils se complètent et se commentent. Si l'on veut pénétrer dans la pensée du philosophe, l’on ne saurait lire l’un, sans feuilleter en même temps l’autre. Les nombreux rapprochements, que nous avons faits, ne nous ont révélé que deux contradictions formelles entre l'’Abnvaiov molretx et les ouvrages systématiques : la première, à propos de la Constitution de Dracon; la seconde, touchant le rôle actif de

Thémistocle, dans la campagne d’Éphialte contre l’Aréopage.

mé Ru fs CONCLUSION Pa DC QURTSE 249

L’ PO te attribue à :Dracon une Constitution. La Rhétorique et la Paire ne connaissent que les lois de Dracon. Il y a là une dificulté insoluble, si l'on n’admet que l'exposé de la réforme constitutionnelle de Dracon a été interpolée dans le récit de l'historien. Peut-être objectera-t-on que la difliculté est ainsi éludée, non tranchée; que la réforme de Solon avait rejeté dans l'oubli la Constitution de Dracon; qu'Aristote, par conséquent, l’ignorait quand il composait la Politique; que Thucydide a prouvé à l'évidence, au sujet des Pisistratides, combien leur propre histoire était inconnue des Athéniens; qu'un Macédonien, dont la moitié de la vie s’était écoulée hors de l’Attique, et qui n'avait résidé à Athènes qu'à titre de métèque, n'en pouvait connaître exactement les antiquités; qu'il ne retrouva le texte de cette Constitution dans les archives de la cité, qu'en réunissant les matériaux de son ’Abnvaiwy molreix, et que la mort ne lui laissa pas le temps d'en faire mention dans sa Politique, simple cahier de cours, qui ne servait qu'à son enseignement oral et n'était point destiné à la publicité. Mais si la Constitution d'Athènes a été tirée de loubli par Aristote, l’on s’étonnera qu'il n'ait pas insisté davantage sur sa découverte, pour mieux attirer l'attention des lecteurs; qu'il n’en ait pas plus clairement démontré l'intérêt et l'importance. De plus, cette hypothèse suppose que l'ouvrage est postérieur à la Politique. Or, s'il fut révisé après, il semble bien qu'il ait, sous sa première forme, été rédigé avant ce traité. Si fortes, d’ailleurs, que soient ces objections, elles ne peuvent, à notre avis, prévaloir contre les preuves suivantes : 1°) Le chapitre consacré à Dracon est en contradiction, dans le fond et dans la forme, avec le reste du récit. 2°) L'epitome d'Hérakleides,

qui résume L’’Abnvafov rmokteis, ne nomme même pas le légis-

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