VII, 2, 1273, D
XXI +, 1274, à, 7, MINE 1304, a, 20. DOUCE PARENTS XXVI, 1, XXVIL, 1, XXNV EE
Au chapitre II, 6, l'on trouve l’expression équivalente ÿ T@v ’AgeorayiTv Bou. On ne peut tenir compte du chapitre de résumé (XLL, 4), qui a vraisemblablement été remanié, Il ne reste plus qu'un exemple de h #6 ’Aoetou miyou Bouhf, au chapitre XL, 2; mais il semble que ce passage soit la cilation presque exacte d’un texte de loi.
(4) Const. d’Ath., IV, 3
(5) Politique, VI, 11, 3, 1298, a, 14.
(6) Politique, VI, 12, 11, 1300, a, 23.
suivante, qui n’est pas elliptique, parce qu’elle est la première de l'ouvrage, qui exprime cette idée É Olov DE Toro ni Toy rokeuxüv xo Tv vaurixüv' v ToûTois yap aupotépois Did TAvTUV 66 gimeiv duehMhude To doyerv xat To dpyecba (1).
Nous conclurons donc de cette longue discussion que Dracon a pu rédiger des lois, et, en particulier, ces lois sur le meurtre, qui devaient être respectées par Solon, et publiées à nouveau sous l’archontat de Dioclès, en 409 avant Jésus-Christ, mais qu'il ne promulgua aucune constitution. L'œuvre législative, qui lui est attribuée, est par conséquent apocryphe, et le chapitre de la Constitution d'Athènes, où elle est exposée, doit être considéré comme interpolé.
IL nous reste à expliquer, d’abord, quelle est l’origine de cette prétendue Constitution, et de quels éléments elle a été formée; ensuite, de quelle manière elle a été introduite dans le texte de L’ ’Abnvatov rolteia.
M. Th. Reinach (2), après avoir remarqué combien les Athéniens aimaient à placer leurs innovations politiques sous le patronage du passé, rappelle que Critias, le meurtrier de Théramène et le chef des Trente, celui que Xénophon considérait comme « le plus avide, le plus violent, le plus sanguinaire de tous ceux qui avaient gouverné sous l’oligarchie (3) », avait composé une ’Abnvzlov rokrelx (4). Ce n'était pas là un ouvrage d'histoire; car l'impartialité était, sans doute, la moindre qualité de Critias; ce devait être, sous la forme d’un
traité, un pamphlet politique, assez semblable à ce Gouver-
(1) Politique, II, 8, 8, 1273, b, 15.
(2) Voir l’article Aristote ou Critias précédemment cité (Revue des études grecques, 1891, p. 155).
(3) Xénophon. Mémorables, I, 2.
(4) Deux fragments de cet ouvrage nous ont été conservés. Dans le premier, l’auteur accuse de vénalité Thémistocle et Cléon; le second a pour sujet un débat entre Ephialte et Cimon à propos d’une demande de secours, faite par les Lacédémoniens. Critias était aussi l’auteur d’une Aaxedarmoviwv roltelx et d’une erraldy role.
nement des Athéniens, qui nous est parvenu sous le nom de
Xénophon Q): Afin de justifier aux yeux de ses contemporains et
de la postérité la réforme oligarchique, tentée par son parti,
Critias aurait cherché dans le passé des faits qu'il pût alléguer
comme précédents ; il les aurait dénaturés sans serupule ; il les aurait même inventés, suivant les besoins de sa cause. C'est ainsi qu'il aurait fait passer sous le nom de Dracon, dont les Athéniens vénéraient les antiques lois, un plan de Constitution conforme aux principes politiques, que les Cent commissaires s'étaient efforcés de faire prévaloir dans leur Projet et leurs réformes provisoires. Aristote connaissait le pamphlet de Critas; peut-être même y avaitil puisé quelques faits, tirés de l'oubli par l’auteur. Mais il n'avait garde de lui emprunter des renseignements, qui contredisaient ses ‘propres assertions, ou étaient démentis par la réalité. Après sa mort, un réviseur plus érudit que judicieux, comparant le factum de Critias à l’œuvre d’Aristote, s’imagina que celui-ci avait, par omission ou ignorance, passé sous silence la Constitution de Dracon. Croyant qu'il y avait, dans le texte de l’historien, une lacune, et qu'il convenait de la combler, il inséra dans le développement le résumé apocryphe des réformes constitutionnelles, indûment attribuées à l’ancien législateur. IL faut rendre à Critias ce qui lui appartient et retrancher de l’’Abmvaiwy rolreix un chapitre qui en contredit les parties les plus manifestement authentiques.
L'hypothèse est ingénieuse. Certes Critias n'aurait eu aucun scrupule à dénaturer Ja vérité, à faire circuler sous le nom de Dracon une constitution inventée de toutes pièces, pour justifier ses propres théories. Mais la preuve n’est point faite, et rien ne nous autorise encore à rendre Critias responsable de cette supercherie.
Une autre hypothèse, développée par von Wilamowitz-
(1) Voir sur cet ouvrage : MÉpéric DUFOUR : De libello qui Xenophonlis fertur Ilokiteix ’AGnvaiwv (en préparation).
Moellendorf (1), mérite d'être discutée. Aristote est l’auteur de l’’Abnvaiwv rodurela. Mais, dans cet exposé des révolutions constitutionnelles d'Athènes, il n’a point prétendu faire œuvre d’historien indépendant. La recherche personnelle lui est étrangère. Il n’y recourt que par exception, lorsqu'il consulte les poèmes de Solon sur le caractère de l’homme et les intentions du législateur. Il puise ses renseignements aux sources les plus variées, Hérodote, Thucydide, la chronique, et un exposé partial (tendenzschrift). 4e l'histoire constitutionnelle d'Athènes, dans lequel la vérité historique avait été systématiquement altérée. Nulle enquête préalable sur la véracité des témoins, qu'il interroge. Aucune critique des documents, que lui a légués le passé.
Ce dernier écrit, qui aurait été l’une des sources de l’’Abnvatov mokrtela, aurait été une histoire de la Constitution athénienne, publiée durant l'automne de 4o4, comme manifeste du parti modéré des Trente. L'auteur aurait été Théramène, qui se serait proposé de démontrer, par l'exemple du passé, que son parti était fondé à interpréter dans le sens de l’oligarchie la métouoç moktelo. Il aurait ou bien inventé de toutes pièces les réformes attribuées à Dracon, ou bien tiré de l'oubli cette antique Constitution, tombée en désuétude après Solon. C'est à cet ouvrage qu'Aristote aurait emprunté son chapitre relatif à Dracon, et il s'en serait aussi inspiré dans le récit des événements accomplis au cinquième siècle. Ainsi s’expliquerait son attitude à l'égard de Périclès et des démagogues.
Nous ferons au système de von Wilamowitz-Moellendorf la même objection qu'à la théorie proposée par M. Th. Reinach. Nous n’avors aucune raison d'admettre que l’auteur du pamphlet soit Théramène. Le factum est, sans doute, l'œuvre du parti
oligarchique; c'est une interprétation oligarchique de la rérous
(1) Voir l'ouvrage Aristoteles und Athen. 2 vol. (Berlin, 1893).
ET L'ŒUVRE D ARISTOTE LÉ 8x
rokreix. Nous n'avons pas le droit d’aflirmer davantage. Nous aimerions à mettre sur ce pamphlet un nom connu, celui d’un Théramène ou d'un Critias. Mais ce ne serait là qu'une conjecture.
Nous ne croyons pas non plus qu'Aristote soit l'auteur du chapitre relatif à Dracon. Il a pu consulter le manifeste des oligarques, lui emprunter même des faits, négligés par des écrivains moins prévenus: il n’est pas admissible qu'il ait été la dupe du pamphlétaire, ni qu'il ait considéré comme authentique une constitution apocryphe, et prêté à Dracon des réformes dont aucun historien d'Athènes n'avait jamais fait mention. Von Wilamowitz-Moellendorf allègue, sans doute, qu’Aristote n'avait ni l'esprit critique, ni l'indépendance du véritable historien. Mais cette hypothèse, plus arbitraire encore que la précédente, ne mérite même pas d'être discutée. Ce n’est pas tout. Nous nous sommes appliqué à démontrer que la Constitution d'Athènes, au moins sous sa première forme, était antérieure à la Politique. Si notre tentative n'est pas demeurée vaine, si le philosophe empruntait à son histoire de l'État athénien quelques-uns des exemples, dont il illustrait ses théories, comment se fait-il qu'il n’ait même pas nommé Dracon? Comment s'explique le silence des polygraphes, qui ont cité, paraphrasé, résumé L’’Afqvaioy molrelx? Pourquoi enfin le chapitre relatif à Dracon serait-il précisément omis dans l'érirour d'Hérakleidès? Autant de questions que von Wilamowitz- Moellendorf laisse sans réponse. Autant de preuves, par conséquent, qui contredisent son hypothèse; autant d’arguments, qui réfutent son système.
Il y a, d’ailleurs, dans les deux théories, dont nous venons de condamner les exagérations, une part de vérité, que nous ne saurions méconnaître. Nous croyons, nous aussi, que la source à laquelle ont été puisés les éléments de l'interpolation,
est un ouvrage, composé peu de temps après l'échec des
Dutour. — 6,
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Quatre Cents et des Trente, par un partisan de l'oligarchie, que n'avaient point désabusé les événements, et qui refusait de se rallier à la démocratie restaurée. A une époque assez rapprochée de la mort d’Aristote, — l’allusion de l’Axiochos prouve, en effet, que l’interpolation est fort ancienne, — un réviseur ignorant crut que le récit de l'historien était incomplet et qu'il devait à la vérité de réparer cet oubli. Il exposa donc; dans un court chapitre, la Constitution que le factum attribuait à Dracon, et fit passer ce résumé dans le texte de l'historien. Les modernes jugent avec sévérité, et ont peine à s'expliquer ces procédés; mais il ne faut pas oublier que les anciens n'avaient pas nos scrupules et ne se faisaient pas faute de remanier les œuvres de leurs écrivains.
Afin de mieux dissimuler son interpolation, le réviseur imita de son mieux le style de l'historien, lui emprunta mainte expression, transcrivit même quelques-unes de ses phrases; et, afin d'éviter toute contradiction, et d'effacer toute disparate, fit au reste du récit et au chapitre de résumé de nombreuses retouches.
Le préambule, dans lequel nous avons remarqué que les mots Merà ÔE rabra yoôvou Tivècs où moldoù Gte)bdvros ne se r'apportaient à aucun fait précédemment raconté, semble imité du