Reçue des Pijrcnècs, 1891, loc. cit., p
un si beau rêve, l'Espagne semble oublier parfois que ce n'est pas elle, mais la Mitre d'Urgel. qui est cosuzeraine avec la France.
Voici les faits : nous commençons seulement avec le XIV® siècle, c'est-à-dire à partir du moment où la situation des coprinces est nettement réglée par le Paréage de 1278.
1. Malgré les deux actes de 1278 et de 1288 qui avaient mis fin aux querelles des deux seigneurs, il y avait entre eux rivalité latente et, comme la maison de Foix étendait trop son influence au gré de la Seo, afin de la contrebalancer, l'évêque d'Urgel, Guillaume de Moncade, pria le roi d'Aragon d'accorder sa protection aux Andorrans : ce qu'il fit par privilège royal du 15 octobre 1303. Cette influence prépondérante était due à la politique libérale des comtes de Foix, si nous en jugeons du moins d'après l'acte de concession du 22 mars 130o, par lequel Gaston I*""' accordait certaines franchises aux habitants des Vallées : il réduisait notamment le nombre des officiers et fonctionnaires, dont la multiplicité était une véritable plaie pour l'Andorre : la questia par exemple ne devait être payée désormais qu'à un seul receveur'.
La tactique de l'évêque qui, déjà au début du xiv« siècle, est la même que celle (ju'il suit de nos jours et qui consiste à intéresser quehiu'un de puissant à sa cause, (autrefois le roi d'Aragon, à présent le roi d'Espagne), eut aussi peu de succès (ju'aujourd'hui et son prestige était à ce point tombé qu'en 1308, à la mort de Guillaume de Moncade, le comte de Foix, Gaston I", fit des démarches auprès du pape pour que le Souverain Pontife se réservât la nomination du futur prélat : c'est ce (jue nous apprend uik^ leltre du
1. Il .-ivait succédé à son père Roger- lîeniai-d. mort on i:i02.
2. Cf. sur ce point Baudon de Mony ; loc. cit., t. I, p. :i39.