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2 décembre (1308) ', par laquelle Bérenger de Argilager, archidiacre de l'église d'Urgel, s'adresse à Jacques II, roi d'Aragon, pour le prier d'intervenir auprès de Clément V alin d'empêcher le choix d'un candidat dangereux non seulement pour les intérêts de la Mitre, mais aussi pour ceux du royaume d'Aragon, jjericulofium ncclum ipsi ccclesie... scd cciaui terre resfre queibi mos habrt ronfiites-.
2. En 1585, le gouverneur du comté de Foix se plaint à Henri III de Navarre (plus tard, Henri lY de France), de ce que a l'on a mis l'Inquisition' es terres d'An- (( dorre », ce qui est « enjamber sur son autorité, « laquelle, si on n'y prend garde de bonne heure, « l'évoque de la Seo d'Urgel s'efforcera d'anéantir le (( tout », de sorte « qu'enfin il gouvernera tout seul ». Voyant que l'Inquisition préjudiciait à ses droits, le roi défendit qu'elle fonctionnât davantage et l'Andorre lui en garde, encore aujourd'hui, une grande reconnaissance.
3. Les évêques d'Urgel, enfin débarrassés, par l'avènement de Henri IV au trône de France, du contrôle ombrageux et gênant des fiers comtes de Foix, purent librement donner carrière à leur envie de prépondérance : nous les voyons, pendant deux siècles, de 1589 à 1789, triompher. pres(|ue sans contestation de la part de nos rois ; « l'évêque se donne le titre de Prince « Souverain d'Andorre, réglemente en toute indépen- « dance de la France, fixe la valeur de la monnaie, « règle le mode des transactions commerciales, la « chasse, la pèche, les droits politiques de ses sujets, « se réserve le droit de gi'àce pour la peine de mort
1. Cette (lerniéi'e date a éti- mise [)ai' « une innin iiiodonie ».
2. Original : Areli. d'.\i-a.iron, coll. des Cai-tas reaies, n° 3115 ; reproduit dans HAt'DON de Monv, t. 2, pièce justifie, n" 167, p. 310.
3. La juridiction des Iinjuisiteurs do Catalogne s'étendait sur les Vallées.
« et concède des privilèges aux Andorrans'. » Aussi, le 2 mars 1762, l'évêque Catalan de Ocon, par son fameux décret, essaie de convertir sa part de suzeraineté en souveraineté exclusive ; (de même don Casanas, par son fameux mandement de 1895)'.
4. En 1821, une tentative fut faite par l'Espagne pour s'emparer de l'Andorre. Un mémoire fut présenté aux Cortès par un ancien capitaine espagnol, Valls, dans lequel il s'efforçait de démontrer que la Vallée faisait partie de la Catalogne et que son gouvernement avait non seulement intérêt, mais aussi droit à s'en emparer, sans s'arrêter aux prétentions illégitimes de la France. (Cette théorie a été reprise de nos jours par M. de Dios Trias). Se basant sur ce mémoire, « le chef politique de la Catalogne » ' demanda l'annexion de l'Andorre à cette province : craignant pour leurs libertés, les Andorrans adressèrent, en février 1822, une supplique au roi de France pour implorer sa protection. A la suite de la réfutation de la thèse de Valls par notre Viguier (M. de Roussillou, à cette époque), le gouvernement français réclama et envoya une note diplomatique à Madrid, qui fit écarter cette « ridicule prétention » '.
5. Cette simple menace du gouvernement espagnol de jeter à bas les antiques privilèges des Vallées, qu'avait écartée, en 1822, la fermeté française, fut suivie d'un acte plus grave. En 1843, M. Darnand. député de l'Ariège, attira l'attention de la Chambre des députés sur un fait qui « intéresse éminemment l'honneur et « les droits de la France, car il s'agit d'une violation « flagrante de l'indépendance d'un pays neutre placé « sous sa protection et sur lequel elle exerce même « un droit incontestable de suzeraineté » '. En juin 1841,