IL DorCHET, /or
I. La langue catalane diffère sensiblement de l'espagnol proprement dit, c'est-à-dire du castillan ; les habitants des Vallées se servent d' « une variété de « catalan qui, lui-même, est un dialecte de l'ancienne « langue provençale » ' ; non seulement ils comprennent, mais même (du moins dans le nord du pays) ils parlent presque tous le patois de la Haute-Ariège ; II. il n'y a pas que la Catalogne espagnole qui parle le catalan, il y a aussi tout notre Roussillon.
Pour répondre au reste de la phrase, nous nous contenterons de citer ce qu'écrivait dans le Temps, en 1894, « un vieil Andorran libéral » : « Depuis quelques « années, la mitre d'L'rgel, jadis toute-puissante chez « nous, voit son prestige diminuer de jour en jour, « pour faire place à un mouvement de plus en plus « accentué vers le progrès et le libéralisme.... Voilà « six ans que les élections ne lui sont plus favorables « et que ses partisans sont de moins en moins nom- « breux dans nos conseils communaux ou des Vallées. ({ C'est en vain qu'elle a voulu s'opposer à tous les « progrès accomplis dans notre pays et empêcher le « développement, toujours croissant, de l'intluence « française parmi nous. L'établissement du service « postal, l'installation de la ligne télégraphique, la « création du tribunal supérieur français et des bourses « pour l'instruction des jeunes gens et jeunes (illes en « France ont porté à la mitre les derniers coups.... « L'influence française dans les Vallées est actuelle- « ment un fait acquis » '.
Une des causes de cette évolution qui fait passer la prépondérance à la France, c'est que notre pays s'est toujours montré généreux à l'égard de l'Andorre, tandis que l'Es-pagne, à l'afïùt derrière les droits de l'évêque
1. Bladé, Etudes (/cotjraphùjucs sur la Vallce d'Andorre, p. 72.