liccue des Pyrénées, 1895, pp. 117 et
d'Urgel et semblable au lion de l'Ecriture, quaerem queiu dcroret, s'est efforcée, pendant tout le cours du siècle dernier, de mettre la main sur les Vallées. Comme les Andorrans ne veulent pas être dévorés, et c'est leur droit, même par des individus parlant leur langue, ils se sont tournés vers nous, dont ils ont à craindre surtout, ils le savent bien, le trop de générosité. L'ingérence tracassière de l'évêque a produit un résultat qui a absolument trompé son attente et, alors que, jusqu'à présent, l'Andorre n'avait recours à nous que dans des circonstances exceptionnelles, c'est-à-dire quand l'Espagne essayait de mettre en pratique ses visées ambitieuses, elle s'est actuellement placée, d'une façon constante, sous notre protection, se détournant de la Mitre qui la menait tout droit à l'annexion. Et c'est au moment où ce peuple fait appel à notre générosité que nous tromperions sa confiance !
3° 11 y a aussi à considérer le point de vue militaire, dont M. Douchet a constaté l'importance : « Située à (i peu de distance de la trouée des Pyrénées formée « par la vallée de la haute Sègre, et défendue contre « l'Espagne par le fort de Montlouis et ses batteries (( avancées et contre la France par celui de Puycerda, « l'Andorre, par sa position à cheval sur la chaîne « principale, pourrait favoriser un mouvement lour- « nant au profit de l'adversaire qui en serait maître » '. Elle constituerait, en cas de guerre avec l'Espagne, une zone neutre qui rendrait inutile la défense de cette partie de la frontière franco-espagnole ; ce qui laisserait disponible un certain nombre de troupes.
Les Andorrans comprennent fort bien que la France, contrairement à l'Espagne, n'a aucun intérêt à les annexer. Comme la Vallée est séparée de notre pays par une ceinture de montagnes, tandis qu'elle débouche