H. Douchet, lor. rit., p
librement dans la plaine d'Urgel, sa possession ne serait pour nous qu'onéreuse, en nécessitant la création d'une forte ligne de défense.
4° Ce n'est pas tout que de rectifier des frontières par des cessions réciproques de territoires, il faut songer aux populations qui les habitent et nous ne sommes plus, malgré l'extension formidable du caporalisme prussien, au temps où les peuples passaient sans protestations de main en main, comme une pièce de monnaie. Les exemples classiques et si tristement vrais des Alsaciens-Lorrains, des Irlandais, des Arméniens, des Finlandais, etc., (le nombre de ces « déracinés » intransigeants s'accroît tous les jours) en sont une preuve; il est vrai que l'on pourrait objecter que les Andorrans et les Lliviens feront comme eux un jour et qu'après avoir gémi et las de ne voir venir aucun secours, ils s'habitueront à leur sort et « mangeront leur pain avec moins de tristesse » : mais c'est là un argument qui ne peut séduire que les amateurs de conquête, les modernes Picrocholes, et qui laissera toujours réfractaires les peuples.
L'incompatibilité des populations en cause n'est pas douteuse. 1. Et tout d'abord les Lliviens : il existe chez eux une vieille devise ainsi conçue : « LUvia sera y quera ser espagnol ij no fnnices » (Llivia sera et voudra être espagnole et non française), qui marque leur attachement profond pour l'Espagne, bien qu' a ils tiennent avant tout à rester Espagnols )), conmie l'a dit M. Ratoin, « à la condition expresse que leur Espagne « soit en France » '. Si on nous cédait cette enclave, l'on ferait de ses habitants une population de malheureux. M. Douchet a aperçu cette objection et il propose de « leur accorder le maintien de leurs usages « locaux, la dispense du service militaire, une admi-