‹ La constitution de l'AndorreChapitre 54 sur 110 · E. Ratoi.n, Rit. des Pyr., 1894. p · texte numérisé non relu

E. Ratoi.n, Rit. des Pyr., 1894. p

5'' An point de vne des pertes qne la contrebande andorrane fait subir à la France, la question ne présente guère d'importance, pas plus d'ailleurs qu'elle n'en présentait pour l'Espagne', les Vallées comprenant seulement six mille habitants, à qui le luxe est aussi odieux qu'au marquis de Mirabeau et à Vauban.

Les habitants des Pyrénées-Orientales sont mal venus à reprocher aux Andorrans leur contrebande ; ils sont peut-être plus contrebandiers que ceux-ci, ce qui n'est pas peu dire. Voici de quoi les accusent les Andorrans : Les « Cerdans », comme on les appelle dans les Vallées, louent un morceau de terrain, un carton, en Andorre; ils y conduisent leurs bestiaux de France, puis ils achètent d'autres bêtes en Espagne qu'ils amènent au même endroit, réunissant ainsi les deux troupeaux. Ils demandent ensuite au bureau des douanes un passavant pour conduire leur bétail français aux foires de l'Ariège ou de leur département (à celle de Montlouis par exemple où il se vend beaucoup de moutons) ; ce titre une fois obtenu , ils font passer la frontière (et c'est ici que commence la fraude) au troupeau acheté en Espagne tout en laissant dans les pâturages andorrans le bétail français, pour qui cependant ils ont demandé le passavant. Avant l'expiration du délai de ce titre (qui est de dix jours), ils conduisent, en trompant la vigilance des douaniers (chose très facile), ce ([ui reste de leur troupeau d'Andorre en France et ils avertissent le bureau des douanes que le bétail qu'ils avaient précédemment amené à la foire n'a pas été vendu et que, par suite, ils lui font regagner le corton ; ils recommencent cette petite comédie, au fur et à mesure des achats, faisant ainsi passer en France, sans payer de droits, la plus grande partie des bestiaux achetés par eux en Espagne. « Voilà

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