De Rousillou, lor. cit., p
« réparé ce malheur ; ainsi, malgré ces changements, « la maison porte encore dans le pays le nom de son « premier auteur. Dans ce moment, des morts préma- (( turées dans la ligne directe ont emmené la qualité '.( de clief de famille sur la tête d'un enfant de trois ans : '( un de ses oncles, prêtre, gouverne en son nom, et tous f< ses oncles et grands-oncles travaillent à son avantage (( et le chérissent comme l'espoir de leur race. » On voit par cet exemple quelle est la solidité et la stabilité du système familial qui est la base de la constitution andorrane et qui la rapproche des institutions romaines. En effet, si nous laissons de côté la question du droit d'aînesse, sur qui nous ne trouvons aucune loi à Rome, bien que son existence dans l'antique Italie se prouve par ses conséquences, comme l'a établi M. Fustel de Coulanges (« l'existence de la (jrm romaine et Sabine ne s'expliquerait pas sans lui' »), comme chez la dominatrice de l'univers, nous trouvons pratiqué le patronage, que les aristocrates andorrans savent se faire un devoir d'observer : libéralement ils font vivre les pauvres. C'est pourquoi la partie de la population qui vit « de la main à la bouche » suivant l'expression anglaise, la plèbe en un mot, ne se trouvant pas froissée par le principe du patriciat, d'où elle tire son existence, n'a jamais songé à s'en plaindre ni à tenter, sur les sonmiets des Vallées, l'aventure du Mont-Sacré. Les plébéiens d'Andorre se sont révoltés en 1866 contre cette tutelle simplement parce que les Eupatrides de la petite République en avaient abusé et avaient essayé d'inféoder les fonctions publiques pour gouverner à leur guise, prouvant une fois de plus la vérité de la parole des Brahmines : « Les parasols blancs et les '( éléphants fous d'orgueil sont les fleurs d'une conces- (( sion de terre. »