‹ La constitution de l'AndorreChapitre 66 sur 110 · Vidal, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Vidal, loc. cit., p

4. Il y a aujourd'liui doux établissements thermaux aux Esialde? et l'un V vient même de B;ireelone.

« les premier et deuxième Syndics de la République (( d'Andorre et aux membres de l'Illustre Conseil général « Souverain des Vallées. »

Le gouvernement andorran lui avait accordé, en 1888, une concession privilégiée comprenant la mise en exploitation des (( eaux thermales, mines et carrières, hôtels, (( théâtres, casinos, agences de publicité, loteries, mes- (( sageries, télégraphes et chemins de fer » ', ce qui, on le voit, avait pour but d'attirer les étrangers et de faire de l'Andorre une Suisse au petit pied ou une succursale de Monte-Carlo. Pour pouvoir tirer parti de ces diverses richesses, il fallait construire une route et une voie ferrée mettant en relation la France et l'Espagne à travers les Vallées, en un mot, créer le Transandorran. L'on voit que les montagnes sourcilleuses qui entourent l'Andorre n'ont pas empêché le progrès d'y pénétrer.

Il y a cependant un point sur lequel il n'a pas fait brèche à l'enceinte des traditions séculaires ; les revendications féministes n'ont pas abouti dans les Vallées : les femmes sont exclues de toutes les assemblées où l'on traite des intérêts de l'Etat. Le Palais de la Vallée leur est fermé chaque fois que le Conseil général y est réuni ou que l'on y reçoit en cérémonie l'évêque ou les Viguiers, réceptions qui donnent lieu à des messes, des fêtes et des dîners d'apparat. Il en était ainsi à Rome où. (ju'il s'agît soit d'aiïaires publiques, soit de jeux du cirque, la présence des vestales était seule tolérée.

Le chevalier de Roussillou raconte, à ce propos, que lorsqu'il fut reçu par les Andorrans comme Viguier, en 1820, « il était accoinpagné de deux dames françaises « (|iii fui'ent accueillies avec tous les égards et le res-

1. Note pnjseiitée au gouvoruoiuent do la K(''j)ublitiue d'Andorre par M. Escande-Voltan.

« pect possibles dans les meilleures maisons ; mais « elles ne purent assister ni à la réception, ni au (( repas » '.

Tels sont les caractères essentiels de la constitution andorrane ; ils s'expliquent si l'on songe à la situation géographique et politique des Vallées et au caractère de leurs hajjitants ; « séparé du reste du monde par « d'impénétrables rochers, étranger aux sciences, aux « arts, au commerce, à l'industrie..., ce peuple de « pasteurs est heureux dans sa solitude, heureux dans (( sa pauvreté. Bien loin de porter envie aux autres « nations, il croit, dans sa naïveté, qu'il n'en est point (( une seule au monde dont le bonheur puisse être « comparé à celui dont il jouit » ^

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