LE COMTÉ ET LES AUTORITÉS QUI LE GOUVERNENT
Les comtés ont pour origine les premières institutions de rHeptarchie (III , i). Délimitées peu à peu par la coutume, leurs étendues ont varié et restent fort inégales : comme on Ta indiqué ci-dessus (III, ii), le comté d'York est quarante fois plus grand que celui de Rutland ; mais les autres se rapprochent, pour la plupart, d'une moyenne de 288.000 hectares qui correspond elle-même à 12 unions et à 280 paroisses. Le changement a été plus profond encore en ce qui touche les autorités : il a eu généralement pour effet de faire remonter leurs pouvoirs et leurs attributions de la paroisse vers le comté , et du comté à l'État.
L'administration générale du comté dérive de coutumes qui se résument en trois règles : confier les pouvoirs publics aux propriétaires ruraux ; diviser entre eux les attributions, tant que règne la paix intérieure; les concentrer en une seule main, dès que la paix est troublée. Au premier rang des autorités locales , se placent deux pouvoirs individuels , le Sheriff et le Lord^lieutenant, puis deux pouvoirs collectifs , les Magistrales en Quarter^semon et le Jwry.
Le Sheriff , réputé « gardien de la paix du roi » (Keeper ofthe king's peace\ est le premier magistrat du comté. En principe, il a dans la main presque tous les pouvoirs; mais, en temps ordinaire , il les délègue à un auxiliaire , le Deputysheriff, agent salarié qui est lui-mômô secoadé par beaucoup d'autres. La Sheriff a la haute sur* vaillance de la police ; il fait incarcérer ceux qui troublent Tordre public; pour la défense de Tordra , il peut requérir toute personne âgée de plus de quinze ans ; il pourvoit à l'arrestation des dé^ biteurs insolvables et des personnes accu&ées de crimes ou de délits ; il reçoit les cautions selon les formes légales; il intervient dans les proeé* dures, dresse les deux listes du jury, convoqua les jurés, siège dans les cours d'assises à ooté des juges et an fait exécuter les arrêts» Il nomma le Deputy-sheriff , les agents inférieurs de la procédure judiciaire, les gardiens de prison et Ve^é* auteur des hautes oeuvres. H reçoit du grand chancelier (XI, vi) Tordre écrit (T^nï) de procéder à l'élection des membres de la chambre des oom*** munes; il le transmet aux fonctionnaires (iîeturning officers) chargés de ce service dans le comté, et même dans les cités {Boroughs)^ bien que T administration générale et le territoire de cette circonscription soient complètement dis^ tincts de ceux du comté. Il se conoerte avec les paroisses pour dressex les listes d'électeurs et les
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transmet aux fonctionnaires (Revismg ba/rristers) chargés de la révision annuelle. U intervient dans beaucoup de réunions publiques, et il préside notamment à l'élection des CoronersK
Le Sberiff exerce gratuitement sa charge ; et cependant les frais de représentation imposés par une situation aussi éminente sont fort considérdblea. Les personnes qui peuvent prétendre à ces honneurs ne sont donc pas toujours disposées à les subir, bien qu'ils ne durent qu'une année. Le n» a le pouvoir de nommer les Sheriffs et même, en certains cas, de prolonger au delà d'une année la durée de leur charge» lia personne désignée est tenue d'obéir, sous peine de payer une forte amende. Les formes suivies pour cette nomination sont un des traits originaux de la constitution. Chaque année , après les assises qui suivent la fôte de la Trinité , les deux juges qui viennent de faire le circuit d'un comté (vu) dressent la liste des personnes jugées dignes de rem-
* Les Coroners ont pour mission principale de procéder, avec le concours d'an jury , à des enquêtes «tur tous les cas de mort soudaine. Les circonsoriptioas dans lesquelles chacun peut exercer sont depuis longtemps déterminées : elles sont au nombre de 228 pour la partie rurale des comtés , et de 113 pour les Boroughs. Il y a en outre quelques districts qui conservent , en vertu d'anciens usages , «ne juridiction spéciale. Les Coroners sont élus, dans les comtés 9 par les Freeàolders; dans les Boroughs, par le Town-CoUQcU (xiii); ils sont nommas à vie, mais peuvent être révo^fués ipour iiMfipacifcé ou i^icooduite.
la charge de Sheriff , et ils la présentent à la cour de justice dite Exchequer court (IX , m). Les cinq juges de cette cour, réunis au grand chancelier et au chancelier de l'Échiquier, s'assemblent le jour de la Saint-Martin pour entendre les réclamations des personnes désignées et déclarer exemptes celles qui n'ont pas une fortune suffisante. Ils dressent ensuite une liste de trois candidats ; et ils la présentent, en conseil privé (XI, rv), au roi qui procède à la nomination par une sorte de tirage au sort, dit pricking for Sheriffs, réglé par une vieille tradition*.
Le Lord-lieutenant est toujours l'un des grands propriétaires ruraux du comté : il exerce sa charge à titre gratuit; et il est nommé à vie par le roi. Il a le gouvernement militaire du comté : il commande la milice (Militia) et la Feomonn/ (XI, viii); il signe les commissions des officiers , sauf celles de YAdjutant qui est signée par le roi; enfin il nomme les Deputy-lieutenants auxquels il délègue une partie de son autorité ^ Il est le gardien des archives locales (Custos rotulorvm). En cette qualité il a le premier rang parmi les Magistrates; et il accompagne le roi quand celui-ci visite le comté.
' La Réforme sociale, B7, ii, note 4. :=z ^ Une loi du 17 août 1871 (34-35 Vict., c. 86) transfère au commandant de Tarmée et au secrétaire d^État de la guerre la plupart des attributions des Lords -lieutenants de comté en ce