PIÈCE II — L'INVASION DB LA NOUVEAUTÉ
« en leur qualité de propriétaires fonciers, ils sont « intéressés à le bien exercer. Il n'y aurait donc rien a de déraisonnable à partager par moitié les sièges (( de Tadministration entre les Magistrales et les mem- « bres élus par les comités locaux. Une telle assemblée « ne pécherait point par excès d'esprit démocratique; « et il serait peut-être nécessaire d'y renforcer Télé* « ment populaire, si elle devait jamais recevoir une « forte autorité législative. Cependant, comme corps « chargé de l'exécution et du contrôle, il commandeu rait d'autant mieux la confiance qu'il serait moins « le produit d'un plébiscite ou moins soumis aux im- « pulsions venues d'en bas. Il exercerait bien en- • « tendu tous les pouvoirs non -judiciaires confiés « maintenant à la cour des Quarter-sessions ; et il y (( joindrait les autres pouvoirs de direction et de con- « Irôle que le gouvernement supérieur pourrait lui « déléguer. Par exemple, il n'y a point de raison (( tirée de la nature des choses qui empêche le comté « de diriger ses manufactures et ses mines , comme (( ses écoles de tout rang. On ne voit pas non plus « pourquoi le comté ne réglerait pas l'attribution , à « l'activité privée, des biens communaux de son terce ritoire ; pourquoi il n'instituerait pas lui-même ses « Licenses , dans les limites fixées par le parlement. « D'un autre côté, pour atteindre ces buts divers, il « serait nécessaire de soumettre les corporations des « Boroughs à Tautorité des comtés ; mesure qui, dans « tous les temps, a soulevé d'insurmontables difû- « cultes. 11 serait donc prudent de se borner d'abord j< à soumettre au comté les districts ruraux, avec
c< celle classe d'agglomérations urbaines qui, n'ayant « point le rang de Boroughs incorporés, n'ont en a propre ni magistrature ni tribunal. Quant au série vice judiciaire des Quarter- sessions et des Petty- « sessions, il ne serait en rien modifié par les ré- « formes du gouvernement local : il resterait sur le a pied actuel jusqu'à ce que le moment soit venu « d'opérer une vaste réforme dans le système judi- « ciaire. Si cependant la juridiction criminelle des « Quarter -sessions devait être un jour confiée, « comme en Irlande, à un président salarié, il y a aurait lieu de rechercher si ce magistrat ne devrait a pas être plus tard investi d'une juridiction civile, « égale ou supérieure à celle du juge des New- (i county-courls. Il y a beaucoup de questions locales a qui pourraient être mieux réglées..., etc. etc. » {Local govcmment of England; by the Hon.
George C. Brodrick ; Gobden club, 1875.)
Je sais que les auteurs de telles nouveautés peuvent en Angleterre poursuivre ces travaux sans compromettre en rien la paix sociale : ils savent, en cfi*et, que la constitution de leur pays offre des garanties contre le danger des résolutions imprudentes. Ils gardent, d'ailleurs, dans l'énoncé de leurs projets une sage réserve qui a toujours manqué aux gouvernants révolutionnaires de mon pays, même pour l'exécution de prétendues réformes qu'aurait dû faire repousser l'expérience de tous les peuples prospères. Je dois cependant constater le changement qui s'est produit depuis quarante ans dans les opinions des Anglais*
PIEGE III — PROGRÈg DE U TOLÉRANCE RELIGIEUSE 199
Je me reporte aussi, par la pensée, à Tétonnement qui se serait peint sur la figure de mes vénérables hôtes de 1836, si on leur avait déclaré que la raison con* seille de modifier radicalement Torganisatlon sociale qui, depuis la fondation de THeptarchie, assure au oomté anglais la paix et la prospérité. — Je ne suis . point d'ailleurs complètement rassuré sur Tinnocuité de ces tendances, quand je les vois paraître sous Tinvocation du nom de M. R. Cobden. Je m'incline avec respect devant l'opinion unanime que j'ai entendu exprimer, en Angleterre, au sujet des services rendus par cet homme célèbre; mais je suis en mesure de démontrer qu'il ne serait pas en toutes choses un guide infaillible pour ses concitoyens (V, ix, n. 1). J'avoue môme que j*ai éprouvé un sentiment d'inquiétude, en apprenant qu'un ministre do S. M. la Reine d'Angleterre avait pris sous son patronage, au commencement de 1873, dix ans après la mort de M. Cobden, une de ses plus dangereuses erreurs. — F. L-P.