PIECE III
LE PROGRÈS DE LA TOLÈRiNGE RELIGIEUSE
EXEMPLES DONNANT LA MESURE DES AMÉLIORATIONS APPORTÉES, PENDANT LE XI&« SIÈCLE, A LA CONDITION DES CATHOLIQUES DU ROYAUME -UNI.
L'une des réformes qui honorent le plus les Anglais est celle qui a mis fln à l'oppression que les catho*»
ligues subissaient depuis quatre siècles. J'ai indiqué le bien produit dans la vie publique par les lois mémorables de 1829 et de 1869 : j'ajoute ici quelques faits qui font entrevoir les utiles conséquences que ces mêmes lois ont eues pour la vie privée. Ces exemples sont fournis par la lettre ci-après que m'a écrite, à la suite de précieux entretiens sur l'Angleterre, mon ami M. A. d'Abbadie, membre de l'Académie des sciences de Paris.
« Cher Monsieur, quand on abandonne brusquement n une coutume traditionnelle, on institue toujours « quelque part une injustice. C'est ce qui est arrivé a dans la constitution anglaise, si sage d'ailleurs, a quand on érigea , sous Henri V III , le protestan- « tisme en religion d'État. Les restrictions à la liberté « de prier Dieu étaient surtout bien fortes en Irlande. (( Mon bisaïeul y fut mis en prison pour avoir payé (( son cheval plus de 120 francs; car la loi défendait « aux catholiques de posséder ces bêtes de choix, (( réservées aux seuls protestants.
« Ceux-ci avaient seuls des églises. Les catholiques « étaient tenus d'employer le terme chapelle. Je com- (( mençais à bien marcher quand, un dimanche « matin , ma mère m'annonça qu'elle allait avec moi (( à la messe. Nous nous engageâmes dans les rues {( de Dublin où, comme dans le vieux Londres, les « maisons étaient bâties sur un plan unique et por- (( taient chacune une plaque avec le nom de leur pro- « priétaire. Ma mère s'arrêta à une porte qui ne se « distinguait en rien des autres , et frappa d'une ma-