CH. IX — LES PRISONS
que daas la plupart dés autres. Elle» datent sur*tout de la loi de 4823 qui a provoqué la recoastruction des édifices; elles sont, depuis lors, incessamment complétées par des lois relatiyes à la condition des prisonniers. Il faut suivre ces beaux exemples , sans s'exagérer l'honneur qw en revient à a l'esprit moderne ]». Dans les s(h ciétés simples et frugales , les attentats contre la 1(H suprême excitent une réprobation umver* selle; et, sous l'influence de ce sentiment, la répression dépasse souvent les bornes tracées par l'intérêt public, Chez les grandes nations de l'Occident, où le sens moral est amoindri par le» ag^mérations urbaines, par l'instabilité des rapports sociaux, par l'accroissement et l'inégale répartition des richesses , où d'ailleurs les attentats se multiplient , l'opinion devient moins sé«vère devant le mal; elle comprend mieux, en outre y l'utilité de$ efforts tendant à ramener dan» les^ yoiôs du bien les individus qui s'en écartant* Et comme il est difficile en toute chose de rester dans la ligne du vrai , on trouve des « philan-^ thropes > disposés à rendre le sort des coupables, atteints par la loi pénale , plus enviable que celui de beaucoup d'honnêtes gens,
Les réformateurs des prisons d'Angleterre ont évité cet écueil, grâce à l'esprit chrétien qui leur inspire les-améliorations, et aux judicieuses insttutions qui les obligent. à en payer les frais.
ont pris pour guides certaines vérités qui sont enseignées par Texpérience et qui aboutissent à huit règles , savoir : i^ traiter, autant que possible, les simples prévenus avec les égards dus à des personnes dont l'innocence peut être prochainement reconnue par les juges; 2<* séparer les diverses catégories de prisonniers , afin de ne point propager les diverses formes de corruption ; 3^ séparer surtout les sexes et les âges ; et faire garder les prisonnières par des femmes ; ¥ traiter humainement les condamnés, tout en leur infligeant ponctuellement les punitions qu'ils ont encourues ; 5° provoquer la réforme morale des détenus, àl'aide de la religion et par l'intervention du clergé ; 6^ faire appel au travail pour améUorer la situation présente du corps et de l'esprit, ou pour créer, en vue de l'avenir, des moyens d'existence; 1^ chercher, surtout dans la religion et le travail , le moyen de conserver ou de faire naître, dans le cœur du condamné, l'espoir de la réhabilitation; 8® enfin mettre les prisonniers à l'abri d'exactions commises par les agents préposés à leur garde. Peu à peu ces règles ont été mises en pratique sous l'impulsion d'une sorte d'apostolat, dont le dévouement approchait de la sainteté\ dont les leçons furent souvent recherchées sur le Continent.
* Voir h Réforme sociale . i I , vi : et notamment la cjta-