‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 28 sur 163 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

LA aiTÉ ET SA BANLIEUE

A toutes les époques de l'histoire, les agglomérations urbaines ont été de dangereux écueils pour Thumanité. Parfois, les grandes cités ont dû un éclat momentané aux productions de l'e&pnt ou aux merveilles des arts libéraux ; jamais , elles

n'ont été le siège de la vertu. Presque .toujours elles se sont éteintes après une lente dégradation morale, ou ont été détruites par de terribles catastrophes. A notre époque, comme dans lé passé, les races les plus prospères se sont exclusivement constituées sous les saines influences de la vie rurale.

L'histoire de la race anglaise confirme hautement, sous ce rapport, l'enseignement donné par toutes les autres ; et , dès le commencement du XV® siècle , cette vérité était aperçue par un lettré perspicace , formé au milieu des corruptions urbaines de l'Italie*. Si, malgré l'immense développement imprimé à ses cités commerçantes et manufacturières, l'Angleterre conserve encore son rang parmi les nations prépondérantes , c'est, en premier lieu, que cette transformation est toute récente* (I, ix); en second lieu, que la classe supérieure continue à mépriser le séjour des villes (VI, viii); en troisième lieu, enfin, que

^ Voir l'épigraphe du livre IL = ^ « Quelque grandes « qu'aient été les transformations dans la vie rurale depuis « la révolution (de 1688), celles qui se sont effectuées dans « les villes sont plus surprenantes encore. A présent, « un sixième de la population est entassé dans des villes « de provinces qui ont plus de 30.000 habitants. Sous « Charles II , il n'existait pas une seule ville de province « qui fût aussi peuplée; et il n'en exisUit môme que quatre « (Bristol, Norwich, York et Exeter) qui comptassent 10.000 a âmes » (Macaulay, Histoire de l'Angleterre depuis l'avenement de Jacques II, t. I , p. 249»)

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