‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 40 sur 163 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l'enseignement supérieur des connaissances humaines

en angleterre

Le haut enseignement n'est donné en tous pays qu'à un petit nombre d'individus. Mais il influe beaucoup sur les idées et les sentiments de la nation. Selon qu'il inculque aux esprits de la classe dirigeante la vérité ou l'erreur, il répand de proche en proche, sur la société entière, la prospérité ou la souffrance ^ L'Université où se donne cet enseignement est donc une institution carac-

servent autant que possible les dénominations historiques et les attributions traditionnelles des anciennes cours. Par le même acte la juridiction d'appel est constituée plus positivement que par le passé. — La cour d'appel se compose du chancelier, du Master of the rolls, des présidents des cours de Westminster devenues les 2®, 3® et 4® chambres de la cour suprême, et de neuf juges choisis parmi les anciens magistrats des cours supérieures. L'Ëxchequer chamber court disparaît; la juridiction de la chambre des Lords est supprimée pour l'Angleterre ; et celle du conseil privé, provisoirement maintenue, peut être transférée par le roi à la cour d'appel.

* « A commencer par l'Évangile et à finir par le Contrat « social , les révolutions qui ont changé en bien ou en mal « l'état de la société générale n'ont eu d'autres causes que a la manifestation de grandes vérités , ou la propagation de « grandes erreurs. » (De Bonald, Théorie du pouvoir, tome I®r, p. VII.)

H LIVRE NfiU^èM» — Lfi <50«Vfeï^NËMENT PROVINCIAL

téristique des races lettrées; et, selon l'impulsion qu'elle reçoit, elle détermine l'avenir qui leur est réservé. L'expérience qui, a été faite, à cet égard , par tous les peuples chez lesquels a régné une grande activité intellectuelle, se vérifie maintenant en Angleterre, avec des circonstances qu'on ne saurait tt*op mettre en lumière.

fi existe en Angleterre deux sortes d'universltêâ qui impriment aux idées de la classe àirigeante des directions fort différentes. Le^ grandes universités d*Oxîord et de Cambridge fondées au moyen âge, comme la petite université de Durhàm instituée eu 1837 icultiveut ce qu'on pour* rait appeler « l'esprit ancien » : elles affermissent chez les maîtres et développent chez les élèves rattachement au culte officiel ou , plus généralement , Tamour de la tradition nationale. L'uni ver-^ site instituée à Londres en 1837, procède au contraire de x( l'esprit moderne » : elle n'a point , à l'exemple des précédentes, organisé un enseignement; mais elle confère, avec le concours d'examinateurs éminents, des grades que l'opinion publique lient en haute estime. Les examens ne réclament point des candidats l'adhésion aux principes d'une religion établie , ni même la connaissance de ses dogmes. Les diplômes délivrés garantissent chez le titulaire la possession de certaines branches de savoir nettement définies et rigoureusement exigées. L'institution stimule la

culture d^ oanaûssaQCQs qui se parfectioiufteiit

journelleenent, ptetôt que celle des vérités qui restent inyariables : elle a doue pour effet de développer ches ses gradués Tesprit de nouveauté plus que l'esprit de tradition. Ce foi! n'a guère de précédents en Angleterre. Il est donc oppor* tun de préseiater ici quelques détsûteapéc^ux sur ces deux typea d'^étabUsseioents et de signaler les deux teBdancea qui commencent à* se partager l'opinion des lettrés.

Page 1