‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 42 sur 163 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

l'université de LONDRES

Instituée par une charte royale de 1837, Tuniversité de Londres est, comme on Ta dit souvent depuis cette époque, une création de « l'esprit moderne ». Elle a, comme Oxford, le roi pour Visitor ou chef suprême , et un grand personnage de l'État pour chancelier ou patron ; mais elle diffère profondément, par le but et les détails d'organisation, de toutes les universités anciennes de la Grande-Bretagne. Les meilleurs élèves d'Oxford sont imbus de la tradition nationale, nourris des lettres anciennes et des sciences théologiques, préparés à gouverner selon la coutume l'État et l'Église officielle. Les gradués supérieurs de Londres ont des connaissances approfondies sur toutes les branches de la science et de la Uttérature profane ; ils s'inspirent volontiers de l'esprit de nouveauté , contenu et réglé, par le savoir ; ils sont spécialement aptes à remplacer, dans les institutions piîbhques, la coutume par la loi écrite ; ils se distinguent entre tous dans la médecine et l'enseignement.

L'université nouvelle contraste par sa simplicité avec la complication des éléments que les siècles ont accumulés à Oxford. Elle n'occupe

que la moindre partie d'un bâtiment de médiocre importance, dit Burlington-House. Elle n'a point d'élèves et ne distribue aucun enseignement.

Elle ne comprend qu'une administration centrale qui confère des grades à tous ceux qui , se présentant devant elle, sont jugés dignes de ces distinctions , à la suite d'épreuves rigoureuses et impartiales.

L'administration centrale est exercée par le sénat, corps composé de 30 Fellovsrs, qui se recrute lui-même au moyen de l'élection, et qui élit chaque année son président, nommé vice -chancelier. Ce dernier, secondé par le Registrar qui remplit les fonctions de secrétaire général, expédie journellementles affaires conformément aux décisions du sénat. Les règlements, d'après lesquels ce corps administre , émanent de la Convocation, Cette assemblée a pour membres les gradués de l'université , les docteurs et les maîtres , ainsi que les bacheliers diplômés depuis trois ans au moins. Elle est réunie au moins une fois par an, sur l'invitation du sénat; elle accepte ou rejette les modifications qu'il propose d'apporter aux statuts et aux coutumes établies; elle lui présente trois candidats, pour chaque place de Fellow devenue vacante; enfin elle nomme le député qui représente l'université à la chambre des communes.

L'action de l'université se résume essentiel-

lemeût 4sws la cptotioj; d'vjuç. séx^ 4^ g^aij^? eml^rassant toutçis les connaissances UuDaaioes , classées par lés rùglementa en une vingtaine de divisions. Les examinateurs, au nombre de deu:^ à quatre ppur chaque division^ et secondes par des adjoints, forment le personnel agissant; et ils emploient pour leur service la majeure partie du local de Burlington-House. Ils sont nomi;nés pour un an par le sénat et ne peuvent être réélus plus de trois fois. Conformément à ufli,e ei^iîellente disposition, du règlement, l,es étal>Uss^m^nts d'enseignement supérieur qui, daxis rétend,i^e entière du Royaume-Uni, sont affiliés à Funiversyié. , peuvent obtenir les grades inférieurs poiwf leurs élèves en leur épargnant les dépenses et les e^ûr. barra^ du dépliacement Suij la^ demande de ces établissements , le ^énali envoie des examipateurs^ adjoints qui président aux compositions écrites d'après lesquelles les grades sont 2tccor(^s ou re-. fuses à Londres par les eicaminateurs en titre. Cette faveur s'applique à rimmatricu,lation et ^ux deu^ épreuves ordinaires du^ baccalauréat, qui, sous le régime de LondreSi cflrrespondent à eeU-i^s des Passmein d'Oxford. Tous les autres examepa doivent être passés à Burlingtpn-Hpuse : ils sa composent principalement de compositions écrir les, complétées dans plusieurs facultés par des explications verbales. Quant aux grades supérieurs ils reproduisent, avec de notables déve-^

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lappeip^nts, la classification d'Oxford; uoais Us en diffèrent en ce que la maîtrise et le doctorat ne sont conférés qu'à la suite d'examens trèsrigourçux. Pans la faculté des arts , le doctorat es lettres forme un; grade ^u- dessus de la maîr trise es arts ; dans la chirurgie seulement , la maîtrise coinplète le baccalauréat; daçs la faculté des, sciences , du droit et de la médecine , les grad.ijiés sont bacheliers ou docteurs.

La çQwepltion d'un enseignement supérieur, aboutissant à des grades conférés indépendamment d'uijie profession de doctrine religiey^e et d'une tradition sociale transmis^ par le. stage et le contact mutuel des étudiants , est antérieure à lafo;ndation de l'université de Londres. Elle avait reçu dix ans plus tôt un commencement d'applicar tion, à Gower - Stifeet, au nord de la^ ville de Loridres, par la construction du splendide établissem.çntj dit University-college. Mais, à la suite de longs débats et d'une transaction , le plan primitif a^ été modi&é ; la, collation des nouveaux grades % été séparée du nouvel enseignement; celui-ci a été définitivement fixé à Gower-Street,, sous le régiine d'externat; la collatioft des grades a été attribuée, comme uiiique fonction, par la charte de 1837, à Burlington-H^ou^e. Depuis lors, l'enseignement supérieur s'est organisé en vue des grades de Londres, non - seuleuient dajis, l'University-çoUege de Go>^^er-Street, mais encprp

dans beaucoup d^établissements d'éducation du Royaume-Uni.

Ces innovations sont dues à deux causes principales : à la pression de ce l'esprit moderne i> qui veut restreindre l'influence exercée, sur l'éducation de la jeunesse , par le culte officiel ou même par les croyances de toute religion ; à l'intérêt des nombreuses familles qui réclament pour leurs enfants un enseignement non moins élevé que celui d'Oxford ou de Cambridge , mais mieux approprié aux ressources de leurs fortunes, ou aux besoins des aspirants aux professions lucratives. Comme University- collège, les nouveaux établissements prospèrent par deux moyens principaux : en s'affiliant à l'université de Londres , qui ouvre un débouché à leurs élèves ; en s'associant des écoles secondaires qui leur préparent de nouvelles générations d'étudiants. Il s'en faut de beaucoup que ces établissements nourrissent, en ce qui touche la religion, des préventions défavorables ou même des sentiments d'indifférence. Plusieurs d'entre eux s'appliquent avec sollicitude à développer les croyances et les pratiques d'un culte spécial. Tel est le cas de King's-œllege, bâti dès 1827, sur la rive gauche de la Tamise et au centre de Londres , avec les encouragements de l'Église anglicane, pour [contre balancer l'influence d'University-coUege. Plus que ce dernier, King's- collège, en raison du

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nombre de ses élèves, répond aux besoins des familles : il admet à la fois des pensionnaires , des demi-pensionnaires et des externes; il ne repousse pas plus que ne le fait maintenant Oxford les élèves dissidents ; mais , comme les collèges d'Oxford , il soumet les élèves et les professeurs anglicans à une discipline religieuse. Gomme King's-coUege, les établissements d'enseignement supérieur qui se multiplient dans le Royaume- Uni ne préparent pas seulement des candidats aux grades de Londres , ils fournissent des aspirants aux bourses d'Oxford et de Cambridge.

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