CH. VIII — CARACTERES DE L'ENSEIGNEMENT
riorité qu'elles ne trouvent pas dans l'organisation de la vie publique *.
L'université de Londres s'efiforce de satisfaire , depuis 1837, deux tendances qui préoccupent l'opinion publique. En premier lieu-, elle a organisé un système d'examen spécial au sexe qui en avait été dépourvu jusqu'alors : parla, elle a donné son appui aux familles qui veulent développer l'instruction de leurs filles ; et elle a surtout imprimé une direction aux établissements qui se proposent d'ouvrir aux femmes l'accès des pro-
* Au moment de mettre sous presse le présent ouvrage , j'apprends que la jeunesse catholique n^est plus complète-
.nt absente d'Oxford , et que les autorités universitaires ". préoccupent de lui voir remplir les devoirs journaliers de son culte , comme le fait la jeunesse anglicane dans les chapelles de ses vingt collèges. Mais on m'annonce en même tejnps que les autorités catholiques ne voient point avec satisfaction que leurs écoliers fréquentent l'université d'Oxford, dans les conditions indiquées ci-dessus. En pareille occurt3cç les conseils deviennent inopportuns : je réduis donc 11». -pensée à une remarque suivie d'un vœu. Depuis quatre siècles , en Angleterre comme dans le reste du monde , Taction morale des catholiques romains ne se fortifie pas autant qu'rMi le peut désirer. Dans l'état actuel des choses, les catholiques anglais semblent être mieux placés que leurs coreligionnaires des autres contrées pour ouvrir à l'Église un meilleur avenir. Puissent-ils trouver , pour résoudre le problème de leur éducation temporelle , des moyens préférabBs à celui que la vue d'Oxford m'a tout d'abord suggéré ! Puissent- ils conquérir, dans l'intérêt de leur glorieuse patrie, l'ascendant social auquel ils ont droit do prétendre! — F. L-P.
fessions lucratives. En second lieu, sans exiger aucune adhésion aux croyances religieuses, elle confère les grades universitaires pour toutes les spécialités des lettres, de la science et de l'art; elle a ainsi comblé, en faveur de toutes lès Églises dissidentes, une lacune que laissaient subsister les orthodoxes des universités anciennes. Cependant, les considérations suivantes donnent lieu de penser que ces deux problèmes ne sont pas encore complètement résolus. La sagesse de la race anglaise nous garantit d'ailleurs que, dans la recherche de ces solutions, un double écueil sera évitév
Le sénat de Burlington -House, en conférant aux femmes des grades universitaires, s'est conformé à des vœux qui avaient été souvent exprimés; mais, par cette nouveauté, il s'est engagé dans une voie où il est difficile d'établir sûrement la distinction du bien et du mal. L'une des institutions essentielles aux grandes races est la coutume qui concentre au foyer domestique les intérêts, les affections et l'activité de la femme, tandis qu'elle rejette sur l'homme tout le poids des travaux dû dehors. Il est vrai qu'en Angleterre, comme dans plusieurs autres régions manufacturières , la corruption des idées et des mœurs détruit dans beaucoup de familles ce partage naturel d'attributions , et enlève à la femme la protection que devraient lui assurer le père, le
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frère ou le mari. On conçoit donc que les gens de bien se dévouent à soulager les souffrances momentanées que fait peser sur le sexe faible la violation de la plus vieille coutume de l'humanité ; mais il ne faut pas que' le remède opposé à cette corruption ait pour effet de la perpétuer en la liant à une institution permanente. Le vrai devoir des réformateurs est de tarir la source d'un désordre sans précédents. Les palliatifs seraient pires que le mal s'ils devaient compromettre l'emploi des vrais moyens de guérison. Or c'est ce qui arriverait infailliblement, au détriment de tout ordre social , si on excitait la femme à devenir la rivale de l'homme et à se soustraire ainsi à l'heureux état de dépendance que lui a toujours imposé le mariage. Il importe d'être en garde au sujet des délicates questions que soulèvent les examens organisés dans l'intérêt des femmes. Il faut surtout redouter l'écueil dangereux vers lequel on est toujours poussé lorsque, dans C6 genre de recherches , on prend pour guides l'esprit d'invention et le faux dogme de l'égalité providentielle ^
^ Cette erreur, que démontre aisément la méthode expérimentale, a été propagée de notre temps, par un lettré français , avec les encouragements académiques. {La. Réforme sociale, 64, m.) — La Providence répartit, sans privilège de race , dans toutes les subdivisions de Thumanit^, les tendances innées vers le bien ou le mal. Mais PAngleterre, il faut Tespérer, continuera à enseigner, par son
L'université de Londres conjurera les dangers du second écueil et comblera une importante lacune , en restant fidèle au plan de travaux qui lui fournit le moyen de perfectionner sans cesse son excellent programme d'examen. Elle introduira dans ce programme un précis des faits qui, depuis les premiers âges de l'histoire, nous montrent la prospérité ou la souffrance des peuples invariablement subordonnées à la connaissance ou à l'oubli de Dieu et de sa loi*. Il ne s'agit point , bien entendu , de toucher, même indirectement, au principe fondamental de Burlington-House. Toutes les communions religieuses doivent rester en situation d'y présenter leurs candidats dans les conditions d'une complète liberté. Les savants naturalistes qui se flattent que leurs propres conceptions prendront bientôt , dans le gouvernement des sociétés , la place occupée jusqu'à ce jour par la religion, continue -
exemple , que la famille soumise à la loi de Dieu et aux coutumes qui en dérivent peut conquérir une supériorité traditionnelle sur les familles qui se révoltent contre cette loi. Les Anglais rendront un grand service à Thumanité si, en cette matière, ils font prévaloir leur tradition nationale sur les nouveautés universitaires.
* L'ensemble de ces faits constituera un jour une des principales branches de l'histoire. Bossuet en a présenté un premier spécimen; il en a tout au moins réuni quelques traits dans son Discours sur VHistoire universelle. Voir notamment II® partie, chap. m et viii. — Voir aussi V Union n» 3 , Document I , chap. m .
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rônt, sans entraves, à répandre leur enseignement parmi certains clients de la nouvelle université. Devenus gradués, ceux-ci pourront suivre librement l'impulsion donnée par leurs maîtres. Ils chercheront dans l'histoire , ou parmi les contemporains, un peuple jouissant d'une prospérité durable, sans une notion précise de Dieu et de sa loi; mais tant que ce spécimen ne sera pas trouvé , on sera en droit d'affirmer que leur prétendue science est condamnée par la méthode expérimentale de l'université. Ils devront alors avouer qu'ils partent de cette sorte d'idées préconçues qu'ils critiquent chez les théologiens; tandis qu'ils ne peuvent, comme ces derniers, s'appuyer sur la constante tradition des sociétés prospères. Les gradués qui visent à placer le monde sous la souveraineté des sciences et de la nature sont donc particuUèrement intéressés à connaître la principale loi de l'histoire, ne fût-ce que pour entrevoir la difficulté de la tâche qu'ils osent entreprendre. Ainsi éclairés sur le passé, ils se garderont de troubler l'ordre actuel, en vue de celui qui n'existe encoraque dans leurs rêves. En attendant une loi nouvelle , ils respecteront dans leurs enseignements l'ancienne loi de l'histoire : ils montreront la prospérité des hommes inséparable, dans le passé, de la croyance à Dieu tout-puissant , qui a créé l'univers , qui a donné le libre arbitre à l'homme pour lui subordonner
13a LIVRE NEUVIÈME — LE GOUVERNEMENT PROVINCIAL
les^ autrçs êtres da la création , cjui a comjilété ça do» p?if la révélatioix (J.e la loi supi:ême ,. scjorce. de lp]a.te pai)^ tffx seiix des sociétés., qui enfia récompense ou punit dans une autre vie ceux qui oftt respieaté la loi ou, se sont révoltés çpatre elle. Cette réforme, sj. elle est apportée au programme de Burlington-House, retiendrai, dajisdes. bornes plus étroites, les propensions qui se foi;it jour depuis quiçl(i^es ann^çs 4au? Veij^eiignement supérieur des spiences i^çiturelles. Elle conjurera TaAtagwisme qui tend à s'y développer, h^ nouvelle université, fondée sur Texpéri^en/îe çt la rai^o^, s'accordera, avec les universités ^^nciepuea, fon4ée^ en outre sur la foi, pour conserver dans les^âpiies le prip^cipe d'où découlent tous les autres. En cela elles nç rendront pas seulement hpi?amage à la vérité • elles épargnerpnt à, leur patrie les catastrophes, qui, dans le passé, ont tôt piji; tard frappé les nations riiches pt lettrées, envahies par le scepticisme. La formation de« gradués ingrats ou rebelles envers Dieu est un, péril imini-. neut j^ même pour les. peuples qjji spnt imibua de feripes cmyances religieuses : elle est up. fléau dçsljrijiçteur pour ceux qui compipncent à les ab^ndaf^nçr.
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