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rite d'un seul parlement. L'Irlande est représentée, à la chambre des pairs, par 4 évoques anglicans pris, à tour de rôle, dans le corps des évoques d'Irlande*, et par 28 membres que nomment, pour la vie, les descendants des anciens pairs irlandais. Elle est représentée à la chambre des communes par 100 membres, portés à 105 par la réforme électorale de 1832; ces membres sont élus , savoir : 64 par les 32 comtés , 39 par les Boroughs , et 2 par les universités.
L'égalité de droits, déjà proclamée sur plusieurs points par l'acte d'union , a été complétée et fécondée par plusieurs réformes ultérieures , notamment : en 1823 et 1825, par l'unification du système monétaire et du régime commercial; en 1829, par l'émancipation des catholiques, qui a mis fin aux incapacités légales pesant sur la population indigène ; plus récemment enfin , par une série de lois rendues de 1848 à 1860 , en vue de simplifier les formalités qui gênaient la transmission des propriétés hypothéquées. Ces dernières lois ont eu surtout pour effet de favoriser, par l'institution d'une cour spéciale (Lancfedestoes court) ^ divers progrès agricoles fondés sur une meilleure organisation de la propriété et des fermages.
^ Cette représentation de l'Église anglicane d'Irlande a été supprimée depuis la réforme opérée en 1869 et indiquée dans la note suivante.
L*acte d'émancipation a singulièrement amélioré la condition des Irlandais ; mais il n'a pas mis fin à leurs sentiments d'antagonisme ; car le temps seul peut amener tout le bien que recèlent en germe les lois de réforme , et faire oublier le mal produit par une longue oppression. Depuis 1829, les Irlandais qui réagissent avec un esprit d'équité contre des rancunes désormais peu fondées, n'allèguent d'ordinaire que les trois griefs suivants. L'Église anglicane, instituée en Irlande comme culte officiel , n'y a guère pour adhérents que le sixième de la population : il est donc injuste que les propriétaires catholiques, ayant à supporter toutes les charges de leur propre culte, soient, en outre, grevés de la dîme levée dans l'intérêt du culte officiel. En second lieu, une misère sans exemple est devenue la condition des populations rurales, accumulées sur le sol qu'elles enrichissent par leur travail et par leur seule présence. Elle prend un caractère odieux quand le régisseur d'un domaine, voyant l'affluence des bras, met les petits tenanciers en demeure de subir un accroissement de fermage ou de quitter les champs que leurs ancêtres ont fécondés. Le mal est encore aggravé quand les revenus croissants du domaine sont envoyés au loin à un propriétaire qui s'affranchit des devoirs de la résidence. En troisième lieu, enfin, les universités protestantes étant seules reconnues comme éta-
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blissements d'utilité publique, la jeunesse catho* lique n'a aucun moyen de s'élever en Irlande aux grades de l'enseignement supérieur.
L'esprit de justice qui anime de plus en plus le parlement, amènera tôt ou tard, sous ces trois rapports, le complément de l'acte d'émancipation^; et, comme on l'a dit ci -dessus, le temps
® Depuis Tannée 1864, le parlement s'est efforcé de faire droit aux réclamations de Plrlande par trois groupes de mesures. — L'Église anglicane d'Irlande a perdu , en 1869, le caractère officiel : elle est désormais, comme l'Église catholique, soutenue par les dons et legs des particuliers; la dîme n'a point été supprimée , ce qui eût été un don gratuit aux propriétaires du sol ; elle a été convertie en un impôt, qui subvient en partie à des compensations temporaires accordées au clergé dépossédé, et qui sera plus tard intégralement appliqué à des besoins d'utilité publique. — Des primes considérables, accordées à l'émigration irlandaise, ont réduit de 8 à 5 millions le chiffre de la population {III, iv). Les propriétaires qui renvoient d'anciens tenanciers, sont tenus par une loi récente, conforme d'ailleurs aux coutumes locales, de leur payer à titre d'indemnité l'équivalent de sept années de fermage. — Enfin des établissements, dits Queen's collèges, ont été créés pour fournir à toute la jeunesse du pays un enseignement supérieur indépendant de toute doctrine religieuse. — Les deux premières mesures ont été des œuvres d'apaisement; et l'on voit, par exemple, plus souvent que par le passé, des populations exclusivement catholiques accorder dans les élections leurs suflfràges à un protestant. Mais la dernière n'a satisfait aucun des partis religieux en présence, les catholiques en particulier. Tous s'accordent à penser que l'enseignement se rapproche de la loi divine , à mesure qu'il remonte l'échelle des connaissances humaines : tous en concluent qu'il doit y
fera le reste. En attendant ce meilleur avenir, rirlande présente encore au voyageur les traces de son déplorable passé : le corps chargé de maintenir <c la paix du roi » ne porte pas seulement un symbole de l'autorité qui lui est déléguée ; il est armé de fusils, comme les gendarmes de France et d'Italie ! <VIII , viii.)
avoir une certaine connexion entre Tétai des croyances religieuses et l'organisation des universités. Les vœux actuels des Irlandais s'appliquent surtout à cette question. En 1873, leurs répugnances ont fait rejeter un plan qui tendait à grouper autour de l'université de Dublin, reconstituée grâce aux subventions du budget de TÉtat, les collèges catholiques et protestants. — Aujourd'hui, beaucoup d'Irlandais dirigent leurs vœux vers plusieurs institutions universitaires agricoles et œanufacturières ; ils voudraient que ces innovations fussent l'œuvre d'un corps législatif, spécial à l'Irlande , formé par les membres irlandais du parlement britannique , et ils résument dans l'expression Home rule le régime auquel ils aspirent. D'un autre côté, j'entends d'autres Irlandais, môme catholiques, condamner les agita^ tions qui, depuis 1829, tendent au rappel de l'union. Quelques-uns même pensent que l'Église catholique n'a rien gagné, en influence morale, à la réforme de 1869, qui a détruit, pour la seule Irlande, le principe d'une Église officielle. Dans leur opinion , la vraie réforme religieuse devrait un jour assimiler l'Irlande à l'Angleterre et à l'Ecosse : elle attribuerait , par des voies légales , le caractère officiel à la communion chrétienne qui surpasserait les autres par le nombre, en les égalant au moins par la vertu, le talent et le patriotisme. — F. L-P.
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