‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 57 sur 163 · LES COLONIES · texte numérisé non relu

LES COLONIES

L'Angleterre , en fondant ses colonies ^ n'a pas été ordinairement guidée par les préoccupations qui l'ont portée à s'annexer l'Ecosse et l'Irlande. Elle n'avait pas pour but de conquérir les bienfaits de la paix intérieure : elle s'est même souvent exposée à subir ou à entreprendre la guerre au dehors.

La principale colonie, qui fut d'abord a la Nouvelle - Angleterre 3), et qui est devenue la république des États-Unis, dut ses premiers développements au besoin de liberté religieuse. Expulsés de leur patrie par les discordes civiles qui la désolèrent pendant toute la durée du XVII® siècle , les Puritains et les Amis émigrèrent en Amérique pour y adorer Dieu, selon les inspirations de leur conscience. Ils prirent pour base de leurs institutions, dans la vie privée comme dans la vie publique , un sévère régime de contrainte fondé sur « le Décalogue éternel* ». Sous

* Dans son ouvrage intitulé : La Démocratie en Amérique, M. A. de Tocqueville a écrit : « Les législateurs du c Connecticut s^occupent d^abord des lois pénales; et pour « les composer, ils conçoivent Tidée étrange de puiser dans « les textes sacrés. » L^auteur n^est guère autorisé à exprimer ainsi son étonnement. Les crimes dont il signale la

ce régime , fécondé par Tesprit de tradition et de hiérarchie émanant de la souveraineté britannique , le peuple américain acquit les admirables qualités dont Washington fut l'illustre représentant. Il ne les a point encore perdues, malgré l'esprit de nouveauté et de nivellement inculqué à ce peuple, sous l'influence d'erreurs aujourd'hui avérées , par le gouvernement de Thomas JefTerson* (1801-1808). En résumé la fondation de la Nouvelle -Angleterre est, pour les Anglais,

punition , sont ceux qui ont été condamnés non - seulement par les Hébreux diaprés la loi de Moïse , mais encore par tous les peuples prospères d'après le Décalogue éternel. Les races Scandinaves et saxonnes, dont descendaient les législateurs américains , avaient édifié leur constitution , non sur des lois écrites , comme le firent de bonne heure les races de la Méditerranée , mais sur les coutumes qui se conservent encore sur les rivages contigus à la mer du Nord.

* Jefferson porta une attaque indirecte à l'autorité paternelle en faisant prévaloir, contre Pavis de Washington , une loi ab intestat, qui prescrit le partage égal entre tous les enfants ; il prônait la démocratie comme le moyen le plus efficace de porter au pouvoir Taristocratie naturelle (VIII, xiii); enfin il professait sur la morale les idées les plus opposées aux enseignements de Texpérience. Le texte suivant justifie cette assertion : « C'est perdre son temps que de « suivre des leçons sur cette matière (la morale). L'homme « était destiné à vivre en société : il fallait que sa moralité « fût conforme à ce but... Le sens moral vient à l'homme «c comme ses jambes et ses bras. » (Mélanges politiques de Jefferson , Conseils à un jeune homme, 1. 1^^, p. 298.) — Voir la Réforme sociale, 22, v; 62, xiv; l'Organisation du travail, §§ 39 et 60.

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