‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 58 sur 163 · CH. VI — LES COLONIES · texte numérisé non relu

CH. VI — LES COLONIES

un titre important à la reconnaissance du monde. Jamais un enseignement aussi décisif n'avait été offert à l'humanité. Ce pays, en effet, aura déroulé en moins de trois siècles, sur un sol vierge et loin des complications du vieux monde , le tableau des idées, des mœurs et des institutions qui , par leur succession , développent les règnes du bien et du mal, c'est-à-dire créent la prospé* rite ou la souffrance K

L'Angleterre a conquis par la force , à la suite de ses luttes contre l'Espagne et la France , une partie considérable de son empire colonial. Le succès n'a pas été toujours obtenu par des procédés irréprochables ; et il ne se soutient parfois qu'à l'aide de moyens contraires à la loi de Dieu (III, v). Ces possessions exposent leurs conquérants à des éventualités redoutables ; mais elles leur offrent aussi des chances de gloire bien dignes de tenter une généreuse nation. Ainsi, en ce qui concerne l'empire indien , la souveraineté britannique prendrait une situation honorable dans l'histoire si, respectant les bonnes traditions* conservées par ses 190 millions dé sujets, elle leur rendait, par un gouvernement équi-

3 La Réforme sociale, 12, iv; 62, xiv; l'Organisation du travail, § 60. =z * Voir l'ouvrage intitulé : Village communities in the east and west, by Henry Sumner Maine , former ly Law member of the suprême Government of Jndia.

table ^, la stabilité qu'ils ont perdue par la corruption de leurs souverainetés indigènes. Les colonies conquises et honnêtement gouvernées par les Anglais offrent, en outre, de précieux enseignements aux peuples vaincus et dépossédés. Tel est le cas pour le. Canada, créé pendant deux siècles par l'opiniâtre labeur des colons français. Ces colons, abandonnés en 1763 par le roi le plus coupable de la décadence française, ont été soumis après une résistance héroïque; mais, par cela même, ils ont été préservés de la corruption infligée aux autres colonies françaises et à la France elle-même par la révolution de 1789 et par ses abominables lois. Les Français qui, en 1875, s'efforcent d'arracher leur infortunée patrie aux terribles conséquences dès

^ Ce sentiment est partagé par plusieurs homnaes d'État de TAngleterre. Il a été exprimé, en 1852, au sein du parlement, dans les termes suivants, par lord Derby, premier ministre. « Le temps n'est pas venu d'octroyer à l'Inde des « institutions populaires; mais je suis d'avis qu'il faudrait (c instruire les indigènes à prendre une plus grande part « dans l'administration de leurs affaires intérieures, dus- « sent-ils être amenés à souhaiter qu'au pouvoir judiciaire « fût ajouté le pouvoir politique ; dût aussi l'immense puisa sance britannique tomber de ses propres mains, par la ce suite des temps , et faire place à un pouvoir indigène. Il « serait digne d'une nation comme la nôtre d'entreprendre « d'affranchir ces populations de l'abaissement et de l'igno- <c rance dans lesquels nous les avons trouvées, et de les tt rendre capables de se gouverner elles-mêmes. » (Texte cité par Fleury, Histoire d'Angleterre, t. II, p. 37S.)

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