LA CONSTITUTION DU GOUVERNEMENT CENTRAL
L'État britannique s'étend sur d'immenses territoires. Toutes les branches d'activité y sont cultivées avec une variété extrême. La constitution du gouvernement central est, par cela même, fort compliquée*. Cependant, les Anglais n'ont jamais entrepris d'en grouper les éléments au moyen de formules écrites. Ils ne veulent point emprisonner dans un cadre de textes inflexibles les libertés des citoyens. Dans leur opinion, de telles compilations tarissent, à leur source même , les avantages que les peuples conquièrent journellement par la pratique des actes qui ne sont ni interdits par la tradition, ni compromettants pour la paix sociale. Selon la dé-
* Les notes et l'épilogue final de Touvrage montrent que , depuis 1864, la constitution politique se modifie rapidement. UÉtat envahit beaucoup de branches de l'activité sociale ; et ce mouvement s'accélère comme le progrès de la richesse et l'accumulation des individus.
* Voir la Réforme sociale, chap. 60 et 61.
claratioh unanime de leurs sages ^ un code est un moyen de gouvernement plus dangereux qu'utile, et il pourvoit exclusivement aux convenances d'une oJasse qu'il multiplie au détriment des autres : il met sa science numérotée à la portée de légistes superficiels ; et il les dispense ainsi de chercher le succès dans l'étude des traditions du pays et dans la connaissance de ses intérêts.
Le gouvernement central, comme toutes les autres branches de la constitution sociale de l'Angleterre^ a pour principale base c: la coutume * )). Comme on l'a déjà indiqué (IV, iv), on désigne sous ce nom les devoirs , les droits , et en général les usages transmis d'âge en âge par la pratique du corps social, avec les confirmations ou les amendements établis par la vie même de la nation , par les décisions des cours de justice ou par les lois écrites du parlement. Certaines coutumes, et notamment la transmission intégrale de la propriété immobilière dans chaque famille, ont une origine antérieure au règne d'Alfred le Grand (871). Cependant une loi a fixé plus précisément cette origine : elle rattache à la coutume tous les usages qui, n'ayant point été abrogés par la loi , restent en vigueur depuis le règne de Richard l^^ (1189). Quant aux droits nouveaux créés par l'usage, ils sont en général
• La Ré forme sociale ; 52, m.