‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 70 sur 163 · LA HIÉRARCHIE DANS L^ÉTAT ET LES GRANDS DIGNITAIRES · texte numérisé non relu

LA HIÉRARCHIE DANS L^ÉTAT ET LES GRANDS DIGNITAIRES

En Angleterre , comme chez les autres nations dont l'ascendant moral est accepté par le monde entier, on a toujours repoussé le faux dogme de « l'égalité providentielle* ». La constitution sociale se prête avec une merveilleuse élasticité à l'élévation rapide des individualités éminentes parties des derniers rangs de la société. L'opinion publique y aide , encore plus que les institutions de la vie privée. « Les parvenus » qui ont conquis une situation élevée par le travail , le talent et la vertu , et qui possèdent en outre les qualités du Gentleman (VI, viii), sont aussi considérés que s'ils devaient surtout cette situation à l'héritage

* La Réforme sociale; 48, ii et xiii; 62, xi. — UOrganisation du travail; % 59. -^ Correspondances sur V Union de la paico sociale : n<> 4, p, 24; n*>5, p. 18; n® 8, p. 44.

de leurs aïeux. L'opinion ne favorise pas seule* ment ceux qui s'élèvent ainsi : elle veut que le fondateur d'une maison puisse y sans entrave et autant qu'il dépend de lui, maintenir ses des* cendants au niveau qu'il a conquis. L'opinion n'admet pas que cette liberté aille jusqu'à la transmission forcée des foyers et des ateliers , mais elle approuve hautement celle des titres de noblesse. Elle voit dans les titres un stimulant qui concourt à conserver la tradition des aïeux ; elle trouve d'ailleurs , dans les mœurs et les institutions, le moyen de refuser, en fait, la prépondérance sociale à la noblesse, dès que celle-ci se transmet sans la vertu.

Au-dessous du roi, la coutume place, dans l'Etat, aux sommets de la hiérarchie, la faiûille royale, et, en tête de celle-ci, les enfants du roi. Parmi ces derniers sont d'abord classés comme les plus proches héritiers du trône l'aîné des fils, dit prince de Galles, et son épouse; puis l'aînée des filles, dite princesse royale*. Viennent ensuite les personnages qui ayant acquis une haute situation par la richesse , le talent et la vertu, se dévouent au service de l'Église et de l'Etat. La liste des préséances est très-nettement

^ La loi leur attribue en partie le caractère auguste de la souveraineté : elle déclare crime de haute trahison une conspiration contre la vie du Prince ou un attentat contre la chasteté de la Princesse.

Page 1