‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 74 sur 163 · CH. VI — LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

CH. VI — LE PARLEMENT

sions distinctes. Comme autorité judiciaire, elle est, pour certains cas, la suprême cour d'appel du Royaume-Uni; et elle exerce, en outre, quelques juridictions spéciales ayant un caractère exceptionnel (vu). Comme autorité législative, elle prend part à l'élaboration des lois, avec le roi et la chambre des communes : sous ce rapport, elle n'exerce maintenant qu'une influence secondaire , sauf pour les lois qui touchent à ses droits et à ses devoirs. Ces lois doivent être d'abord élaborées , puis votées par les pairs : elles peuvent être repoussées, mais elles ne peuvent être modifiées par l'autre chambre.

On a souvent dit que la chambre des pairs était l'élément conservateur [du parlement : sans être absolument faux , ce jugement donne le change sur le caractère de l'institution. Les tendantes qui portent à conserver le bien et à réformer le mal sont en Angleterre essentiellement individuelles : elles sont rarement séparées ; elles s'unissent chez la majorité; elles sont largement répandues au sein de toutes les classes , dans la chambre des communes aussi bien que dans la chambre des pairs. Celle-ci, néanmoins, assure à la constitution britannique deux grands avantages. Elle offre le moyen de donner au pays une vraie noblesse , c'est-à-dire un petit groupe d'individualités éminentes, constituées, en dehors de tout esprit de caste , par la transmission hé-

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réditaire d'une fonction utile ^ Elle représente spécialement les plus solides, sinon les plus grands intérêts de la nation , la propriété rurale et r agriculture. Depuis le développement anormal donné aux activités commerciales et manufacturières (VIj'i), elle n'est plus la chambre prépondérante. Cependant elle est toujours, dans Topinion comme dans le langage usuel, « la chambre haute. »

La chambre des communes comprend, en 1863, 658 membres élus par les localités des trois royaumes, savoir : 253 par les comtés, 399 par les bourgs et cités , 6 par les universités. Sur ce total , 500 sont élus par l'Angleterre, 53 par l'Ecosse, et 105 par l'Irlande. Sous le régime de 1832, qui est maintenant en vigueur*, les électeurs des comtés sont tous attachés au sol par la possession d'un immeuble , dont la rente annuelle doit croître à mesure que le mode de possession est moins permanent. Ils forment cinq catégories, correspond

^ La création de pairies viagères en faveur d'anciens juges des cours supérieures avait été repoussée en 1836 dans des circonstances que Montalembert a rappelées ; elle paraît être acceptée aujourd'hui en principe. (Voir l'Annuaire de législation étrangère, t. III, p. 3.) z= * Ce régime est conservé en Ecosse et en Irlande. Il a été modifié, pour l'Angleterre, en 1867. La nouvelle loi accorde le droit de vote à tous les Freeholders ; et elle abaisse le cens pour les autres détenteurs du sol. Cette réforme a porté le nombre des électeurs à 2.100.000, savoir : dans les cités et Boroughs, 1.300.000; dans les comtés, 800.000.

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