‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 84 sur 163 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'histoire de la lutte et de ses deux résultats

SUR LE SOL anglais

Les Celtes ou Bretons , qui peuplaient l'Angleterre au début de la période historique, étaient peu groupés par les faibles liens de la famille instable, peu attachés au sol par les travaux nomades de la chasse et du pâturage. La jeunesse portait surtout vers le clan , vrai pro-

* La Réforme sociale y 28 , m ; 53 , ii ; 64 , m.

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priétaire du territoire , ses facultés d'amour et de dévouement : ellQ puisait , dans ce régime dé communauté, les qualités brillantes que les bardes ont célébrées ; et elle entraiînait la nation à des entreprises aventureuses qui étaient une source continuelle de succès momentanés, aboutissant toujours à des revers. Elle cultivait peu les solides qualités des races : celles que crée , pour l'âge mûr, l'obéissance au pouvoir paternel ; celles que fortifie l'application constante de la pensée au petit domaine, transmis comme le sang par les ancêtres , occupé en toute propriété par la famille. Malgré leurs vertus héroïques , les Bretons durent céder d'abord la majeure partie, puis la souveraineté de leur territoire , aux essaims des fortes races qui conservent encore les traditions de la famille-souche, sur les rivages contigus à la mer du Nord.

Les Anglo- Saxons créèrent l'Heptarchie, puis l'empire d'Alfred, moins par la force de leurs armes que par la stabilité de leurs foyers domestiques et dé leurs ateliers ruraux. Les soldats et les chefs possédèrent en touta propriété des .portions de territoire en rapport avec leur fonction. La hiérarchie se forma dans la société, en correspondance exacte avec celle qui existait dans les domaines. La constitution sociale, ainsi créée au ix® siècle par le dur travail des champs , s'est depuis, lors maintenue par

S38 LIVHE DOrZlÈHE — CONCLUSION

la bienfaisante influence du testament. Grâce à la souveraineté paternelle, la famille anglosaxonne perpétue depuis dix siècles les traditions de travail et de vertu qui font les races prospères. Elle a résisté aux catastrophes qui eussent renversé un édifice moins solidement assis. Les Normands ont pu , il est vrai , usurper les grands domaines des Thanes, et y remplacer, par le droit d'aînesse, la souveraineté du père; mais leurs successeurs ont senti le besoin de revenir au testament, et de fortifier l'union de leurs familles avec ces mêmes domaines, en reprenant la coutume de ceux qui les avaient fondés. Rapprochés de nouveau par la fusion des races , les grands et les petits propriétaires ont réussi à garder intacte dans leurs familles la pratique de la loi divine. Au milieu des fléaux déchaînés par la tyrannie des rois, la corruption des cours, les discordes du parlement, les guerres de religion, les erreurs du scepticisme et les abus de la richesse, ils ont tenu à la disposition de l'Angleterre des sources intarissables de dévouement. La nation a toujours trouvé en eux sa meilleure réserve aux temps d'épreuve : et, grâce à leurs efforts patriotiques, les plus mauvais gouvernements sont devenus parfois les précurseurs d'une nouvelle ère de prospérité.

en. III — lE BIEN ACTUEL ET U PROSPÉRITÉ 23t

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