‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 86 sur 163 · CH. III — LE BIEN ACTUEL ET LA PROSPÉRITÉ · texte numérisé non relu

CH. III — LE BIEN ACTUEL ET LA PROSPÉRITÉ

t|ui, par cette union, font aux peuples une prospérité durable et manifestent la parfaite légitimité des gouvernements (XI, i). Ces éléments ont des domaines nettement définis : dans la paroisse règne une démocratie comprenant tous les chefs de famille qui possèdent ou occupent en permalietice le moindre foyer; dans le comté, une aristocratie où sont admis tous les propriétaires résidants qui possèdent les qualités et pratiquent les devoirs du Gentleman; dans l'État enfin, la monarchie, contrôlée et secondée par deux chambres dont l'autorité reste incontestée , tant que les deux autres éléments, source de cette autarité , maintiennent la paix dans leurs deux domaines. Les trois subdivisions de la souveraineté reposent sur le même principe : sur la stabilité des familles qui se transmettent leur fonction sociale- à travers les générations successives. Les deux premières lient cette transmission à celle de leur propriété rurale, en s'aidant du testament guidé par la coutume ab intestat. Pour la troisième, la stabilité héréditaire est plus formellement établie par la loi écrite. Ces pouvoirs restent à la fois stables et légitimes : néanmoins ils se transforment, avec une merveilleuse élasticité, selon le besoin des temps, et surtout selon les péripéties qui surviennent dans la lutte du bien et du mal. Dans la paroisse et le comté, les pères désignent eux-

mêmes les héritiers les plus dignes de représenter les foyers domestiques. Dans TÉtat la répartition du pouvoir est subordonnée-, en fait, à celle du vice ou de la vertu , de Terreur ou de la vérité : si la paix règne dans les esprits, la prépondérance appartient à la majorité du parlement; elle revient, au contraire, au roi assisté de son conseil, si le parlement s'annule lui-même par la discorde. Mais quelle que soit l'autorité dominante, le pouvoir exécutif n'est jamais abandonné sans garantie à la volonté mobile et insaisissable des corps délibérants, ou aux inévitables défaillances de la royauté héréditaire. Cette garantie se trouve dans l'institution du Premier ministre , qui choisit lui-même ses auxi* iiaires , qui gouverne sous sa responsabilité personnelle, et qui n'ébranle la constitution ni par son avènement, ni par sa chute.

Quant au choix de ce vrai chef de l'État, il est toujours imposé au roi par l'évidence même des talents et des grands services. Les moyens de faire ce choix ont varié comme l'organisation même de la souveraineté : selon les époques, l'évidence de l'aptitude à gouverner a été déclarée, soit par la majorité du parlement, soit par les manifestations directes de l'opinion publique.

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