‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la race (volume 2)Chapitre 93 sur 163 · CH. VI — LES QUATRE SYSTÈMES SOCIAUX EN EUROPE · texte numérisé non relu

CH. VI — LES QUATRE SYSTÈMES SOCIAUX EN EUROPE

turiers et commerciaux ^ Ils joignent à là sécurité que donne la possession de leur foyer et de îeur industrie, les avantages liés â l'appui d*uri patron bieiiveillant. Le paysan, qui a sur son propre domaine remploi de tous les bras de la famille, occupe partout le premier rang parmi les chefs de métiet des deux catégories. Tous présentent des caractères excellents dans les Etats Scandinaves et dans les provinces maritimies traversées par les embouchures de FElbe et dii Wëser. Ils abondent dans les contrées contigiiës à la région patriarcale. Entré ces contrées et les rivages maritimes de TOccident, ils se conservent avec ténacité dans les montagties ; souvent même ils résistëni , datis le bas pays et jusque dans les baniieilés urbaines • , aux influences qui tendent à les détruire.

Les grands ateliers dé 1* agriculture , du pâtu* rage , des industries forestières et dés arts minéralurgiques qui éxistaieiit en Europe aux premiers âges de son histoire, étaient fondés , pour la plupart, sur des engagements forcés. Cette organi-

^ Les OiXVriers européens : p. 152, Armurier de Sollrigen* r=r ' Ainsi, par exemple, le maraîcher et le blanchisseur conservent une forte autonomie, avec la force morale et la 'propriété immobilière, à Paris ou dans sa banlieue, au nlilieu d'ouvriers qui, par centaines de mille, sont dépourvus d'immeubles, parfois de mobiliers et souvent de sens moral. — Voir Les Ouvriers européens, p. 271, et le Bulle^ tin de la Société d* économie sociale, t. IV, p. 127.

sation sociale, dont les restes sont sous nos yeux, diffère beaucoup de celle qui, depuis la Renaissance, avait été instituée par les Européens, dans les colonies de la région équatoriale, pour exploiter le commerce du sucre et de plusieurs autres denrées. Ces grands ateliers coloniaux recrutaient leur personnel parmi les races infortunées dont les rejetons étaient arrachés au lieu natal par un ensemble de combinaisons cruelles, qui ne laissaient aucune part au consentement de l'ouvrier. Dans les grands ateliers des meilleures races européennes , au contraire , l'association des maîtres et des ouvriers s'est habituellement produite, sous l'action lente de la coutume, entre des familles douées de facultés très - différentes , mais appartenant à la même race et nées sur le même sol. L'engagement obligeait également les deux parties et se résumait en deux conditions essentielles : l'ouvrier donnait en tout temps son travail; le maître assurait en toute éventualité aux familles des moyens de subsistance. Jusqu'en 1861 on a pu observer, dans l'immense empire de Russie . ces deux traits principaux de l'engagement forcé, avec des formes et des conséquences variant à l'infini selon la nature des lieux et l'état des populations. On peut même les observer encore au milieu de la transformation provoquée par l'Oukase de 1861. A l'ouest de la Russie , où les familles se multiplient beaucoup

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