‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 100 sur 190 · LA LOI MORALE ET LA RELIGION · texte numérisé non relu

LA LOI MORALE ET LA RELIGION

Le Décalogue éternel*, importé par les émigrants de la Grande -Steppe sur les rivages de la mer du Nord , conservé par les Anglo-Saxons établis en Angleterre, puis complété par le christianisme, n'a jamais cessé d'être la loi morale et la règle suprême de la race anglaise. Souvent ses prescriptions ont été méconnues par les courtisans des Tudors et des Stuarts , violées par les promoteurs des guerres religieuses auxvn® siècle, niées même par les lettrés sceptiques duxvni^; mais elles ont toujours maintenu leur empire sur les classes vouées à la culture du sol et aux autres arts usuels*. Grâce à la réforme morale

^ La Réforme sociale; 47, xii, n. 8. — L'Union n® 3, Document I. — L'Union n® 4, Document I, 23, note 1. zzz^ La Réforme sociale, 11 , i.

accomplie au temps de Georges III, sous le poids des revers amenés par la révolte de la Nouvelle- Angleterre, à la vue des aberrations sociales et des fléaux de toute sorte déchaînés par la révolution française, les classes riches et lettrées sont revenues aux principes du bien. La Bible a repris son ascendant sur les esprits et les cœurs. Plus que jamais, toutes les classes dirigeantes s'unissent sous l'inspiration de l'esprit chrétien % pour remplir leur principal devoir, c'est-à-dire pour conjurer la corruption et accomplir la réforme *.

^ Il n'est pas sans intérêt de rapprocher du témoignage de Montesquieu, en 1729 (II, v,n. 4.), celui de Montalembert , en 1856. « Il est incontestable qu'une renaissance religieuse a « eu lieu en Angleterre , chez les anglicans comme chez les « catholiques , depuis les premières années de ce siècle. C'a « été en môme temps une renaissance de la foi et une renais- « sance des mœurs chrétiennes. La moralité générale de la « société anglaise s'est incontestablement améliorée pendant « cette période. Quiconque a connu les mœurs et les habi- « tudes des classes supérieures vers la fin du règne de (( Georges III , ne peut manquer d'être frappé de ce changea ment... Il faut féliciter et honorer l'aristocratie anglaise « de n'avoir pas attendu le déluge révolutionnaire pour « mettre un frein à la corruption qui menaçait de l'envahir, « et qui a partout ailleurs envahi et énervé les victimes « avant le naufrage. » (Montalembert, Dq l'avenir politique de l'Angleterre, p. 239.) i= * Ce jugement a été porté en 1862, après une série d'observations poursuivies pendant 26 ans sur toutes les classes de la société anglaise. Depuis lors , sous l'influence d'une prospérité inouïe , les enseignements des époques de souffrance sont oubliés de

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