CH. IV — COUTUMES ET LOIS AUXILIAIRES DU BIEN
1842 , qui en outre étend aux femmes de tout âge la règle du maximum de travail prescrite pour les adolescents; les actes de 4855 et de 1860 relatifs au travail des femmes et des enfants et à la protection des ouvriers dans les houillères. Ces actes sont des palliatifs insuffisants : ils devront être probablement suivis d'actes analogues, tant que la restauration de l'antique solidarité du maître et du serviteur, du patron et de l'ouvrier n'aura pas donné le vrai remède *.
La constitution de l'Angleterre est donc profondément altérée par la violation des coutumes, qui entretenaient des rapports permanents dans les ateliers de travail, qui par cela même rendaient les maîtres responsables du bien-être des serviteurs. Les gouvernants n'interviennent plus seulement pour la sécurité des personnes et des propriétés , ou pour l'exécution des contrats : ils contrôlent des rapports sociaux librement consentis et révocables à la volonté desparties. Chargé de réprimer chaque jour le mal dans la vie privée, l'État est naturellement conduit à y prendre l'initiative du bien : il empiète donc sur une des
* Un acte législatif du 10 août 1872 confirme les dispositions de 1855 et 1860. Il étend la réglementation aux mines métalliques et les soumet à Tinspection comme les mines de houille. De plus , ces dernières ne pourront être dirigées qife par des agents munis de certificats , que délivrent des examinateurs nommés par PÉtat. Ces agents peuvent être suspendus ou interdits à la suite d'une enquête.
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plus fécondes attributions des classes dirigeantes; et, en cela, il porte une grave atteinte à l'organisation spontanée de la hiérarchie sociale. Ce mouvement rétrograde imprimé à la constitution anglaise est assurément commandé par de puissantes raisons; mais il n'est pas sans danger. Si, en effet, les particuliers continuaient à enfreindre leurs devoirs traditionnels et si les gouvernants abusaient de nouveau du pouvoir qui leur est confié, la nation pourrait perdre la faculté de réagir utilement contre eux. Les coutumes de la vie privée n'auraient plus l'ascendant nécessaire pour repousser les nouveautés qui tendraient alors à interdire le bien et à propager le mal. Néanmoins , il est juste de remarquer que jusqu'à ce jour les législateurs anglais sont restés , dans cette voie funeste , bien loin des excès commis chez certains grands États du Continent. La loi écrite intervient surtout, quand les mœurs font défaut, pour réformer les coutumes insuffisantes ou corrompues. Les législateurs , qui se hasardent à prescrire le bien, ne se croient guère permis de peser éternellement sur la nation : la contrainte imposée aux individus, aux corporations et aux localités n'a, en général, qu'une courte durée ; elle est prorogée en cas de nécessité; elle prend fin dès que la réforme est opéré^.
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