‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 138 sur 190 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

l'épargne et la propriété immobilière

La véritable épargne est une sûre' manifestation de la prospérité d'une race d'hommes. Elle a pour caractères un harmonieux développement et une incessante amélioration des ressources matérielles, intellectuelles et morales. On peut en trouver la mesure dans l'inventaire méthodique et raisonné de la population, des immeubles et des valeurs mobilières. Chaque année on voit augmenter en Angleterre le nombre des jeunes adultes qui entrent dans la vie active , des établissements -qui s'élèvent sur le sol et des objets qui

' Beuœième rapport sv/r les commerces du blé, de la farine et du pain, par M. F. Le Play, conseiller d'État, p. 16 à 30.

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s'entassent dans les foyers , les ateliers et les magasins de toute nature. Ce mouvement progressif n'entraîne pas toujours comme conséquence l'accroissement du bonheur individuel et de la prospérité publique; mais, en résumé, la somme du bien l'emporte sur celle du mal. On ne saurait, dans un précis sommaire, justifier cett^ assertion en citant les choses épargnées; mais on peut y suppléer, en signalant la principale préoccupation dont les Anglais s'inspirent, en ce qui touche la production et la consommation des richesses.

On ne rencontre guère chez les Anglais les satisfactions de la vanité , le goût des distractions publiques et bruyantes, la recherche des plaisirs déréglés et les autres tendances qui affaiblissent souvent les peuples méridionaux. Le besoin universel, le mobile dominant est le désir du comfort intérieiu*. Cette préoccupation nationale est exempte des maux qu'entraînent ailleurs celles du vice et de l'orgueil; mais elle a aussi ses inconvénients. Le plus regrettable de tous est la destruction de l'esprit de prévoyance et des habitudes d'épargne chez les classes peu aisées, c'est-à-dire dans la majorité de la nation*. Les immenses assises qui forment les degrés inférieurs de la pyramide sociale, mais qui restent

* U Organisation du travail, § 23; 4« pratique de la coutume des ateliers : les habitudes d'épargne.

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