‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 144 sur 190 · LE TESTAMENT, SON AUTORITÉ ET SES LIMITES · texte numérisé non relu

LE TESTAMENT, SON AUTORITÉ ET SES LIMITES

Les pères de famille, en s' aidant de la liberté testamentaire, président, en résumé, avec une autorité souveraine à l'organisation de la vie privée. Ils exercent aussi une grande influence sur la vie publique ; car, en désignant les possesseurs des domaines ruraux, ils interviennent en fait directement dans le choix des magistrats et des fonctionnaires du gouvernement local.

Les bienfaits de ce régime sont appréciés, par l'opinion publique, à leur juste valeur. Au milieu des idées de réforme et des intérêts politiques qui agitent incessamment le pays, on critique souvent la présente répartition de la propriété territoriale. On dit que la terre est concentrée en un trop petit nombre de mains. A ce point de vue , on réclame de loin en loin la modification de la loi oô tntestat; et on allègue qu'elle excite trop les pères à transmettre intégralementles foyers et les ateliers, c'est-à-dire les éléments sur lesquels repose le • rôle social de la famille. Les projets de cette nature ont toujours été repoussés par le parlement. Les réformateurs les plus ardents ne s'attaquent d'ailleurs qu'à l'immixtion indirecte de la loi ab intestat; ils ne songent nullement à restreindre ,

en quoi que ce soit , la liberté traditionnelle des propriétaires: ceux-ci restent, dans l'opinion de tous , les arbitres suprêmes de la distribution de leurs biens. Cependant, le législateur a dû intervenir, sur deux points essentiels, non pour restreindre mais pour affermir, en la réglant, la libre transmission des héritages.

L'homme laborieux qui, au prix de grands efforts , s'attache au sol par un établissement productif et donne ainsi la sécurité à sa famille, conçoit naturellement la pensée d'en perpétuer le bienfait chez ses descendants. Ce sentiment, très-puissant chez les grandes races, a partout suggéré la même solution , savoir : le régime de la substitution perpétuelle (Entail)^ sous lequel les héritiers successifs, désignés à l'avance par le fondateur delà propriété, se transmettent l'usufruit, nonobstant les désirs contraires qui pourraient être conçus au sein des générations suivantes. Le fondateur d'un domaine de famille, qui se sert ainsi du testament, en interdit absolument l'usage à ses successeurs. Dans l'intérêt de la liberté la plus utile à une race d'hommes , il a donc été nécessaire d'interdire les substitutions perpétuelles : c'est ce qui a été fait en Angleterre sous la dynastie des Tudors pour la noblesse qui était soumise à ce régime de contrainte, depuis l'invasion normande. Le législateur a reconnu néanmoins que le système des substitutions, appliqué

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