‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 154 sur 190 · CH. III — LE TRAVAIL BN COMMUNAUTÉ · texte numérisé non relu

CH. III — LE TRAVAIL BN COMMUNAUTÉ

dations organisées selon le Cost-book- System, pour l'exploitation des nombreux filons de cuivre et d'étain des comtés de Cornouailles et de Devon. Elles surmontent mieux que toute autre institution connue, les mauvaises chances qu'aucune prudence ne saurait prévoir dans ce genre d'entreprises. Ainsi se développent, plus qu'ailleurs, les qualités qui distinguent partout les mineurs prospères, savoir : chez les patrons, l'esprit d'initiative; chez les ouvriers, l'esprit d'association, la perspicacité et l'énergie ^

Indépendamment des deux sortes de communautés dont le succès repose surtout sur les qualités personnelles des ouvriers ou des patrons qui les constituent, il existe en Angleterre comme ailleurs des communautés dont le principal mobile est l'association d'immenses capitaux. La propriété commune y est représentée par des titres qui peuvent être subdivisés à l'infini; ces titres ont à la fois la solidité des établissements immobiliers qui en sont l'objet, et la mobilité de la monnaie : ils se nomment en anglais Shares et en français actions. Ces communautés ont deux grands avantages : elles fournissent aisément aux fondateurs les capitaux qu'ils ne possèdent pas; et elles permettent à la population entière de s'associer à des œuvres utiles ou fructueuses qui

* La Réforme éociale, 44, ii.

ne sauraient être entreprises par un petit nombre de familles. Malheureusement, il est facile d'en abuser; et elles offrent alors une multitude d'inconvénients qui n'ont pas été moins fréquents en Angleterre que sur le Continent.

Au surplus, les abus propres aux associations de capitaux se retrouvent plus ou moins sous toutes les formes du travail en communauté. Ils dérivent d'un même vice organique : les gérants de la propriété commune sont loin d'apporter à leur travail la sollicitude et l'énergie qu'inspire à un chef de maison la gestion d'un atelier de famille. Il n'est pas rare de voiries gérants séparer leur propre intérêt de ceux des associés et fonder leur fortune sur la ruine de ces derniers.

Le public lui-même a eu souvent à souffrir des encouragements excessifs donnés à certaines communautés. Depuis la Renaissance, le gouvernement anglais , obéissant à ime préoccupation devenue prépondérante en Occident , s'est plus appliqué à développer la richesse qu'à conserver la vertu. 11 a autorisé , par des lettres patentes et des chartes royales, des sociétés par actions ; il a élevé les titres de ces associations au rang des Real- estâtes (V, xii); enfin, par un privilège spécial , il a dispensé les associés , et même les gérants , de la responsabilité personnelle qui est le principe d'ordre et en quelque sorte la loi morale de toute entreprise ayant le gain pour

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