LES CORPORATIONS DE BIEN PUBLIC
Les familles qui vivent isolées dans les steppes ou les défrichements coloniaux, pourvoient à leur bien-être en se groupant sous l'autorité de leur chef naturel. Les familles réunies en société n'obtiennent cet état de bien-être qu'en constituant des pouvoirs supérieurs à ceux des chefs de famille. Ces pouvoirs sont secondés chez les grandes nations par de nombreux agents; et ceux-ci gouvernent les intérêts de la vie publique dans les conditions exposées aux livres VIII, IX et XI. Mais les nations prospères n'ont pas seulement pour éléments essentiels des chefs de famille et des gouvernants : entre les uns et les autres s'interposent , sur l'initiative de particuliers dévoués au règne du bien , et avec l'autorisation tacite ou expresse des gouvernants, une foule d'associations qui président aux intérêts collectifs de la vie privée*. Ces institutions sont nombreuses en Angleterre; et elles sont groupées, dans ce chapitre, sous le nom de Corporations de bien public. Elles peuvent être subdivisées en deux catégories principales, savoir : les
* La Réforme sociale, 41 , m.
corporations qui devraient être temporaires , qui deviendraient inutiles dans une bonne organisation de la famille-souche et de Témigration ; les corporations vraiment permanenteis , qui remédient aux deux défaillances organiques de l'espèce humaine, c'est-à-dire à l'ignorance native et au vice originel.
Les corporations de la première catégorie présentent des nuances infinies. EUes se rattachent, en Angleterre , à quatre objets principaux : secourir les pauvres; tarir les sources de la misère; organiser l'assistance mutuelle et conserver les vestiges de certaines communautés anciennes.
L'assistance des pauvres* constitue un service plus étendu que chez les autres nations européennes; depuis près de quatre siècles, ce service est placé sous l'administration et le contrôle de diverses autorités (VIII, iv). Cependant la charité individuelle n'a jamais cessé de soulager beaucoup de souffrances; elle a institué par donation ou par testament des hôpitaux , des hospices, des asiles de toute sorte et une foule d'établissements dirigés par des corporations perpétuelles. Ces corporations, vouées également aux autres œuvres de bien public , sont composées de fidéi-commis-
' Les Ouvriers européens ^ p. 193; Sur Torganisation de la taxe des pauvres en Angleterre. — Les Ouvriers des deux mondes, p. 294 : Sur le régime de la taxe des pauvres à Londres. — La Réforme sociale, 56, i à vi.
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