CH. IV — LES CORPORATIONS DB BIBN PUBLIC
rendue , 14.000 sociétés avaient fait les déclarations nécessaires pour acquérir une existence légale; 19.000 autres, parmi lesquelles la société des Odd-fellows, persistaient à garder une organisation occulte; elles se rapprochaient, sous ce rapport, des compagnonnages français*. Ces corporations n'ont pu jamais garantir les ouvriers contre les éventualités fâcheuses dont la probabilité ne peut être calculée et notamment contre les chômages dus aux crises commerciales. On est donc fondé à dire qu'aucune de ces inventions modernes n'a pu remplacer l'antique organisation de la famille-souche et du patronage. Cependant aucun effort n'a été épargné pour résoudre cet insoluble problème : parmi les résultats dignes d'attention, on ne saurait trop signaler l'organisation adoptée le 13 octobre 1848 dans les fabriques de Umes à Sheffield, parles patrons et les
1844, dans le comté de Lancastre, sous le nom d'association des équitables pionniers de Rochdale, elles se sont multipliées en Angleterre : elles étaient au nombre de 454 en 1863, et groupaient 110.000 membres. Leur but n'est pas de spéculer sur la vente des marchandises , mais seulement de les fournir aux associés dans les meilleures conditions de prix : leur résultat le plus utile est d'avoir développé parmi leurs adhérents les habitudes d'ordre et d'économie. [Bulletin de la Société d'économie sociale, t. I«r, p. 45, ett. II,p. 592.)
^ Les Ouvriers des deux mondes, t. I, p. 54 à 61 : Sur le compagnonnage des ouvriers charpentiers, t. I, p. 364; sur le compagnonnage des ouvriers tisseurs.
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ouvriers^. Elle fonctionnait avec succès en 1851 ; elle était en contradiction formelle avec les lois générales du pays; mais elle mettait en lumière, au grand éloge de la constitution sociale, la modération des patrons, le bon sens d'une corporation d'ouvriers et la sage tolérance des pouvoirs publics"^.
* Les Ouvriers européens, p. 199 : Sur les caractères spéciaux des unions établies pour les ouvriers de la fabrique de Sheffieid. = ' Les Trades-Unions , qui ne se sont d'abord constituées que comme sociétés de secours mutuels, à l'époque où les liens du patronage commencèrent à se relâcher, ont été conduites à intervenir pour régler les rapports du maître et de l'ouvrier, quand ces mêmes liens ont été complètement brisés sous l'influence des aberrations d'Adam Smith. Mais, dans cette voie périlleuse, elles n'ont pas gardé la modération qu'elles montraient à Sheffieid en 1851. Depuis lors , elles sont devenues l'instrument des coalitions et le soutien des grèves. Deux actes du 29 juin 1871 (34-35, Victoria , c. 32] définissent les Unions : « toute combinaison temporaire ou permanente faite pour régulariser les rapports entre patrons et ouvriers , excepté les arrangements entre ouvriers pour l'ouvrage et les conventions relatives aux salaires. » Ils leur confèrent la personnalité morale pour posséder ou acquérir ; ils lèvent en partie la défense ancienne portée contre « ce qui obstrue le commerce » , et conservée en 1834, malgré la reconnaissance du droit de coalition ; mais ils maintiennent la pénalité contre tout acte de violence ou de molestation. L'interdiction s'applique notamment à toute pression ayant pour objet de séparer le patron et les ouvriers, d'empêcher l'offre ou l'acceptation d'ouvrage, de forcer les patrons ou les ouvriers à entrer dans une Union ou à payer une amende. — Voir Bulletin de la Société d'économie sociale, t. III, p. 70, et t. IV, p. 662 , 682 ; Annuaire de législation étrangère, t. ï , p. 59.
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