CH. IV — LES CORPORATIONS DE BIEN PUBLIC S
Au premier rang sont les corporations d'enseignement scolaire. Les unes dirigent les collèges de l'instruction secondaire dont il a été fait mention ci- dessus (V, v); les autres constituent les célèbres universités dont la description se trouvera plus loin, avec celle des autres établissements provinciaux (IX, rv). Toutes possèdent de grands biens qui assurent à la fois leur prospérité et leur indépendance, en les dispensant de recourir au budget de l'État.
Indépendamment des écoles consacrées à l'enseignement de la jeunesse, il existe en Angleterre une multitude d'institutions qui combattent toutes les formes de l'ignorance. Elles abondent surtout dans les grandes villes; mais elles ne font pas défaut dans les campagnes. Les unes, la Société royale de Londres par exemple , réunissent en « académies fermées i^ les personnes adonnées aux branches ardues ou peu populaires des connaissances humaines ; et elles publient les résultats de leurs travaux dans des recueils justement estimés. Les autres , répandues sur la surface entière du pays, propagent, avec ime infatigable ardeur, les enseignements qui élèvent l'esprit ou améliorent le caractère de tous les âges et de toutes les conditions. Les corporations nouvelles qui obtiennent les plus grands succès se proposent, autant que possible, ce double but. Elles réunissent deux classes de personnes : celles
qui ont acquis une haute renommée par la culture c libérale 3> des sciences, des lettres et des arts; celles qui désirent en appliquer les fruits aux besoins usuels de la société. Ces corporations , complètement ouvertes , placent à leur tète et mettent en lumière par leurs suffrages, les hommes illustres qui resteraient peu connus du public, s'ils se confinaient dans leurs académies. Elles ne s'enferment point elles-mêmes dans une ville ou dans xme province; elles ne s'isolent pas non plus des personnes qui, à l'étranger, cultivent ou répandent les mêmes connaissances. La corporation tient des assises dans lesquelles sont présentés et discutés les travaux accomplis pendant l'année précédente; et les documents ainsi réunis deviennent l'objet d'ime publication spéciale. Elle n'assemble pas seulement ses membres indigènes et leurs amis de Tétranger : elle convoque aussi leurs familles; et les séances de travail, comme les réunions de plaisir qui alternent pendant toute la diu^ée de la session , empruntent à cette coutume hospitalière un charme particulier. Les femmes anglaises jouent un rôle important dans toutes ces assemblées : elles n'y apportent pas seulement la grâce propre à leur sexe'; elles ne se bornent pas à imposer parleur présence ces formes de politesse dont se dispensent volon-
^ tt La femme sage et pudique a une grâce qui surpasse « toute grâce. » (La Bible, l'Ecclésiastique, xxvi, 19.)