CH. . VIII — LA CLASSE SUPÉRIEURE
caractères d'une classe supérieure sont tout d'abord reconnus dans les localités, qu'ils habitent, et même dans celles qu'ils traversent, à certaines qualités qui commandent le respect : ils sont partout désignés sous le nom de « Gentlemen ». Parmi eux se placent au premier rang les propriétaires fonciers investis, par le roi, des magistratures de comté (V, ix ; VIII , v).
On peut très-justement rattacher à la classe supérieure le personnel des deux chambreadu |)arlemént; mais on ne saurait guère le citer comme la principale force qui soutientla constiiution sociale. Le parlement n'exerce qu'une acr ti(Hi intermittente sur le gouvernement central; et celui-ci n'embrasse qu'une faible partie des afiOsdres publiques. Il pourvoit par ses lois écrites -aux besoins nouveaux; mais il touche peu aux <îoutumes traditionnelles qui répondent aux besoins permanents du pays.. Les écrivains du Continent , qui voient dans :1e gouvernement anglais une aristocratie, privilégiée, ont souvent attribué l'action, dirigeante à la haute chambre du parlement,, à la pairie qui comprend toute la noblesse titrée de l'Angleterre. Cette assertion est peu exacte : les décisions du parlement sont prises , pour la plupart, sous l'inspiration de la chambre des communes ; lés pairs interviennent dans les affaires publiques , moins par leur présence au parlement que par leur résidence au milieu de
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leur domaines et par Finfluence que la coutume leur accorde dans la magistrature des comtés. On n'est pas mieux fondé à voir, dans la prépondérance habituelle de la chambre des communes, le symptôme d'une démocratie. Les Anglais favorisent par la loi écrite, peut-être plus qu'il ne conviendrait, le commerce et l'industrie manufacturière; peut-être aussi tiennent-ils en trop haute estime les richesses qui en proviennent; mais ils se gardent d'accorder aux commerçants ou aux manufacturiers aucune action dirigeante , en dehors des villes où ils résident. Les commerçants enrichis qui, par l'ensemble de leurs talents , peuvent prétendre à faire partie de la classe supérieure, n'y sont guère admis par l'opinion publique que lorsqu'ils ont fait l'acquisition d'un domaine rural, et déployé, dans leur nouvelle condition, les quaUtés que les mœurs requièrent des propriétaires résidants. Il en est de même des personnes enrichies et parvenues aune haute notoriété par l'exercice des arts libéraux, tels que la médecine, le droit et les lettres.
Les coutumes qui attribuent la supériorité sociale aux propriétaires ruraux, résidant sur leurs domaines, sont conformes à la tradition de tous les peuples libres et prospères*. Elles se justi-
* Les avantages moraux de la résidence rurale ont été enseignés par les anciens sages de la Chine. « Les senti- « ments de bienveillance envers les autres sont admirable-
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