CHAPITRE V
l'anglais dans les pays étrangers
L'une des propensions caractéristiques des sociétés humaines est l'esprit d'imitation. Quand deux peuples se mettent en contact, ils se modifient aussitôt en réagissant l'un sur l'autre; et, si de fréquents rapports s'établissent entre eux, on voit se produire un changement rapide dans les habitudes extérieures , les idées et les sentiments. *
Cette aptitude , commune à toutes les nations, varie cependant de l'une à l'autre, selon les enseignements de l'expérience et d'après la notion du ' bien et du mal. Sous ce rapport, il y a beaucoup d'analogie entre les individus et les races. L'enfant est naturellement enchn à imiter ce qu'il voit faire. Selon sa nature ou son éducation, l'homme fait obéit à deux tendances opposées : s'il n'a point appris à réprimer ses penchants innés vers le mal, il conserve devant les mauvais exemples les instincts imitateurs de l'en-
agents spéciaux, à inspecter les foyers de corruption, comme on visite à Paris les égouts souterrains. L'autorité, sous rimpulsion exagérée des idées de « liberté », peut quelquefois tolérer certaines dépravations : elle ne devrait jamais les donner en spectacle. — F. L-P.
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iît LIVRE SEPTIÈME — L'ANGLAIS ET L'ÉTRANGER
fant; si, au contraire, Téducation, Fexpérience et la raison l'ont attaché aux principes du bien et à la coutume des ancêtres, il résiste avec une conviction énergique aux nouveautés des contemporains. Ainsi fortifié par la soumission à la loi suprême et à la tradition nationale , il ne se contente plus de repousser les deux formes du mal, le vice et Terreur : il veut propager la vertu et la vérité.
Comparés, en ce qui touche les rapports internationaux, aux autres peuples européens, les Anglais semblent avoir acquis au plus haut degré ces utiles qualités de l'homme fait. Us s'appliquent , avec un esprit également dégagé de routine et d'engouement, à recueillir, pour se les approprier, les bons exemples des pays étrangers. La classe supérieure (VI,viii) est constamment représentée , dans toutes les contrées du monde, par une éUte de voyageurs infatigables qui ne perdent jamais de vue ce grand intérêt. Revenus dans leur patrie, ils mettent leurs observations à profit pour améliorer leur foyer, leur atelier, leur paroisse et leur comté. Des récits de voyage, dans lesquels V humour britannique exagère quelque peu le mérite des étrangers et la défaillance des nationaux, tiennent l'opinion en garde contre les préjugés de la race et les exagérations de la coutume* Ces récits sont publiés à profusion dans les journaux quotidiens , comme