VI PREFACE
elles-mêmes les principales causes de déclin : elles ont abusé de leurs richesses, de leurs forces intellectuelles et de leur puissance politique. Celte malsaine activité des forts a été pour rOccident un moyen de désorganisation aussi funeste que la sensuelle indolence des faibles. Aujourd'h'ui; célfe marche vers la décadence est surtout.hatée /par diverses classes de lettrés qui s'acKstmeht^fif «âétrmre les meilleures traditions de l'humanité. Les plus dangereux prétendent substituer « la science * :s) à « la coutume » : violant le principe même de la méthode scientifique, ils proclament que , pour bien gouverner les hovor mes j il ne faut tenir aucun compte des règles fournies par Thistoire ou par l'observation des peuples contemporains. Ces efforts tendent & ruiner les institutions qui , depuis les premiers âges y procurent aux hommes les bienfaits de la paix sociale. Ils préludent à cette destruction en discréditant les idées et les mœurs qui ^ ches tous les peuples prospères , ont soumis dans le passé et soumettent encore de nos jours les individus à Dieu y les enfants au père , les serviteurs au maître, les ouvriers au patron, le voisinage à l'Autorité sociale', les particuliers et leurs groupes locaux à l'autorité publique.
* Voir, à la fln du tome lî, la Pièce I des Documents annexés, m * Voir cl -après, dans le Vocabulaire, la définition des Autorités sociales.
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Deux circonstances accidentelles viennent, on outre, ébranler les sociétés de l'Occident; et, toutes deux, elles donnent un concours momen* tané à Fœuvre destructive des lettrés. La première cause d'ébranlement se trouve dans les grandes inventions qui perfectionnent sous nos yeux l'ordre matériel. Ces événements mémorables, qui naguère surgissaient seulement de loin en loin, dans le cours des siècles, se sont succédé de nos jours avec une rapidité inouïe. Ils sont le fruit de la méthode expérimentale appliquée aux phénomènes de la nature et aux opérations des ateliers^; et ils ont valu une légitime renommée aux auteurs de ces utiles conquêtes. Toutefois , les vrais savants ont toujours aperçu d'un œil sûr les bornes de leurs découvertes. Ils ont compris qu'elles ne touchaient en rien et n'enlevaient aucune part d'utilité aux principes de Tordre moral. Ils ont vu, au contraire, qu'en accumulant les richesses ou en agglomérant les hommes elles multiplient les sources de corrup* tion; et que, ipsr conséquent, la soumission aux principes traditionnels devenait plus que jamais nécessaire. Malheureusement, beaucoup d'esprits imprudents ou inattentifs ont cédé aux enivrements du succès, sans en apercevoir les inconvénients. Ils ont vu , comme résultat pro-
^ Swedenborg, Regnum subierraneum , cité dans la Réforme sociale, 32, ii, n. 1.
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