VIII PRÉFACE
chain, dans Tère de la vapeur, la déchéance des anciens principes , et la souveraineté des nouvelles sciences. Ils ont, pour ainsi dire, érigé en dogme Tempire universel de la nouveauté. Les peuples les plus sages se laissent eux-mêmes envahir par ces aberrations; et, s'ils se montrent moins enclins que les autres à tout changer, ils sont déjà en méfiance de leurs vieilles coutumes*. La seconde cause de l'ébranlement a une origine plus ancienne : c'est la corruption qui, depuis la Renaissance jusqu'à la fin du dernier siècle, fit tant de ravages au sein des classes chargées d'enseigner la soumission à la loi de Dieu et aux coutumes de la paix sociale. Ces classes, il est vrai, se sont en partie réformées et renouvelées, sous la dure contrainte des catastrophes contemporaines; mais les mauvais exemples qu'elles ont donnés agissent encore aux rangs inférieurs de la société. Cette réforme d'ailleurs n'a guère combattu que le vice des anciennes classes dirigeantes: jusqu'à présent, elle a laissé subsister chez elles l'erreur, c'est-à-dire une cause d'affaiblissement plus redoutable. En beaucoup de lieux de l'Occident, les individus doués des aptitudes nécessaires au gouvernement de la société, restent profondément divisés sur certaines vérités qui
* Voir, à la fin du t. IT, la Pièce II des Documents annexés.