‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 51 sur 190 · CH. III — LES STEPPES ET LES FORÊTS · texte numérisé non relu

CH. III — LES STEPPES ET LES FORÊTS

servation attentive démontre que le travail de l'homme, quoique peu apparent, est indispensable au maintien de la prairie anglaise. Elle démontre aussi que les troupeaux de ruminants, laissés à eux-mêmes, seraient refoulés et considérablement réduits en nombre par les envahissements de la végétation forestière. Celle-ci, en effet, tend à prendre le dessus dès que l'homme cesse de protéger le domaine des herbes par une bonne organisation du pâturage plus ou moins secondée par le travail de la faux.

Un autre genre de recherches enseigne que la majeure partie de l'Angleterre était couverte de forêts aux époques préhistoriques, où l'homme vivait sans autre outil que les silex tranchants. Les traces d'activité humaine qui datent de ces époques sont toutes associées aux restes des espèces d'animaux qui de nos jours, dans les régions inhabitées du globe, vivent sous les hautes futaies ou dans les clairières des jeunes forêts.

Cependant certaines régions de l'Angleterre ont toujours résisté à l'envahissement des massifs boisés. On doit tout au moins comprendre dans cette catégorie deux sortes de terrains : les marécages et les lieux temporairement inondés qui n'ont longtemps produit que des herbes aquatiques (I, r); les moors et les landes stériles où l'effort des populations devenues sédentaires n'a

pu encore triompher des résistances opposées par la nature (I , v).

Bien que la culture se soit peu à peu substituée aux forêts, celles-ci néanmoins n'ont pas encore entièrement disparu. Sur la surface entière du pays , notamment sur le bord des rivières et dans les haies vives, certaines plantations isolées se reproduisent spontanément. Ailleurs , et surtout à proximité des habitations , elles sont établies avec sollicitude pour l'utilité et l'agrément des populations. Enfin, sur les terrains quartzeux où le sol ne pouvait recevoir un meilleur emploi , les forêts se sont conservées quand leurs produits trouvaient un débouché avantageux , soit pour la boissellerie , soit pour la fabrication des fers de qualité exceptionnelle. Dans ces conditions elles existent encore dans le nord du Lancashire, où s'exploitent, pour aciers et fer-blanc , les excellents minerais d'Ulverstone ; dans le Monmouthshire , à proximité des gîtes de Forest of Dean , qui alimentent les fabriques de fer-blanc de Pontypool; dans le Yorkshire, autour des forges de Lowmoor, qui donnent de célèbres aciers à ressorts. C'est sur les mêmes grès triasiques que, dans le North-riding du Yorkshire, se voient encore les restes de l'ancienne forêt historique de Sherwood. Le concours des mêmes circonstances physiques maintient, sur les sables du terrain crétacé inférieur

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du Sussex , les vestiges des grands massifs d'Ashdown , de Tilgate et de Saint-Leonhard.

Les transformations successives opérées sur le sol de l'Angleterre , depuis Tarrivée des premiers habitants , n'ont laissé intacte qu'une surface relativement faible de forêts. Elles ont eu. pour résultat d'affecter le territoire aux trois destinations suivantes :

Forêts , bois , plantations isolées . . 2.100.000 hecl.

Cultures 10.000.000 —

Terres incultes, non boisées; villes,

villages, voies de communication,

lacs, étangs, rivières 3.100.000 —

Total. . . . 15.200.000

La valeur du produit des forêts et des arbres isolés s'élève annuellement à 100.000.000 de fr.

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